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RDC-Rwanda : Après Luanda, Tshisekedi peut-il refaire confiance à Kagame comme le visait le mini-sommet ?

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RDC-Rwanda : Après Luanda, Tshisekedi peut-il refaire confiance à Kagame comme le visait le mini-sommet ?


La capitale angolaise, Luanda, a accueilli mercredi un mini-sommet qui a amené le président congolais Felix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame à la table du dialogue. Les deux chefs d’Etat ont décidé d’une désescalade entre leurs pays respectifs.

RDC-Rwanda : Après Luanda, Tshisekedi peut-il refaire confiance à Kagame comme le visait le mini-sommet ?

Au lendemain de la rencontre « innoportune » de Luanda, selon l’avis de nombreux Congolais, plusieurs questions reviennent au premier plan dans l’opinion. Alors que la presse angolaise, citant le président Tshisekedi, laisse entendre que le chef de l’Etat congolais a déclaré qu’il fallait aller de l’avant pour sortir de la crise et rétablir la confiance entre les décideurs politiques, une multitude de questions continuent de se poser. En particulier, la question de savoir si la confiance peut encore être restaurée entre les deux pays compte tenu de la situation actuelle sur le terrain au Nord-Kivu et de la persistance de Kigali à déstabiliser cette région de l’est du pays.

Le président congolais semble favorable et ouvert à la restauration de la confiance. Félix Tshisekedi, qui juge néanmoins « totalement inexplicable » le comportement du mouvement du 23 mars dont il attend un « cessez-le-feu » et un « retrait », appelle le rwandais Paul Kagame à être sincère et à accepter son rôle central dans la résurgence de cette rébellion.

« Comme l’a dit le président João Lourenço, il s’agit de rétablir la confiance entre les deux pays, et surtout entre nos deux peuples. Malheureusement, cette confiance a été rompue alors que, à mon avis, tout allait bien vers la normalisation entre nos deux pays. En tout cas, j’ai entrepris de tirer un trait sur le passé, dès mon arrivée à la tête de la RDC, afin d’envoyer un signal fort, non seulement au Rwanda seul, mais à tous les pays voisins, à toute la région, de mon intention de voir les relations se tourner désormais vers des échanges bénéfiques pour nos pays et nos peuples. Se pencher plutôt sur le développement de cette région, qui est la plus riche d’Afrique, au lieu de verser dans des tensions inutiles comme nous l’avons vu dans le passé », a déclaré Felix Tshisekedi.

Le dirigeant congolais espère que si ce rétablissement de la confiance entre les deux pays est effectif, il constituera « un moyen d’envisager l’avenir de la RDC et du Rwanda, en particulier, et de la région en général ». Pour le chef de l’Etat congolais, les efforts déployés par l’Angolais João Lourenço contribuent à apaiser les tensions et les relations entre les deux pays voisins, estimant que « l’atmosphère tendue entre les deux pays et peuples est tout simplement inutile car elle constitue un facteur de déstabilisation et ne contribue pas au développement et au bien-être des peuples respectifs ».

Cette position est partagée par le Sénégalais et président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall, le Rwandais Paul Kagame et l’Angolais João Lourenço. Le premier indique qu’il se réjouit des résultats positifs du dialogue à Luanda entre les deux présidents avec la médiation de Joâo Lourenço. « Je félicite et encourage toutes les parties à poursuivre leurs efforts sur le chemin de la paix », déclare le Sénégalais.

Kagame pour sa part déclare que les résultats obtenus lors de ce tripartite de Luanda sont satisfaisants, compte tenu des bases d’entente atteintes sous la médiation du président Lourenço. Pour le Chef de l’Etat rwandais, « ce processus constitue le début de la normalisation des relations entre les deux pays et les deux peuples ».

Parallèlement, l’Angolais João Lourenço fait savoir qu’il est heureux d’annoncer que des progrès ont été accomplis, puisqu’ils se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu. Le chef de l’État angolais révèle par ailleurs qu’il y avait une parfaite entente entre lui et les deux présidents lors de la rencontre.

L’opposition congolaise et les mouvements citoyens contre tout dialogue

L’opposition congolaise et un certain nombre de mouvements de la société civile ont un point de vue différent. Plusieurs voix s’élèvent à l’unisson pour exprimer leur désapprobation concernant toute tentative d’un nouveau rapprochement ou de négociation entre la RDC et le Rwanda. Pour plusieurs opposants et militants congolais, Kinshasa, qui n’a nul besoin d’une normalisation des relations avec Kigali, qui a déjà montré par le passé qu’il était loin d’être digne de confiance, devrait chercher des solutions plus radicales, notamment en retenant seulement l’option militaire, seul langage compris par le pays de Kagame.

« En stoppant les avancées des Forces armées congolaise, le sommet de Luanda aura servi à Kagame comme un moyen de regrouper et de renforcer son M23-Rwanda », commente Christian Nyamabo, activiste et membre du mouvement citoyen Pouvoir du Peuple. « La RDC a déjà connu plusieurs expériences similaires », rappelle-t-il.

Plus tôt dans la journée de mercredi, Robert Maungano Kiyoka, cadre de la coalition d’opposition Lamuka, n’a pas caché sa stupéfaction, justifiant ne pas comprendre les raisons pour lesquelles les autorités congolaises veulent le rétablissement de la confiance avec Kigali, qui a pourtant déjà démontré ses intentions hégémoniques à de nombreuses reprises. Il pointe la responsabilité du président de la République. Cet homme politique congolais insiste que c’est le pays de Kagame qui attaque la RDC. « Il est inadmissible que lorsqu’un pays nous agresse, nous continuions à entretenir des relations diplomatiques avec lui […] Cette guerre là est une complicité entre Monsieur Félix Tshisekedi et Paul Kagame qui visent à mettre à genoux le peuple congolais et à occuper une partie du Congo ».

Robert Maungano Kiyoka soutient que les présidents Tshisekedi et Kagame essaient juste de mettre au point d’autres stratégies qui les aideront à atteindre leurs objectifs. « Ils seront bloqués par la vaillance du peuple congolais parce que ce peuple n’est pas d’accord pour que son pays soit livré au Rwanda. Nous ne sommes pas d’accord et nous ne pouvons pas espérer que quelque chose de bon sorte de Luanda entre M. Felix et M. Paul Kagame ».

Le sommet de Luanda s’est achevé mercredi en début d’après-midi par un point de presse des présidents Tshisekedi, Lourenço et Kagame. Le tripartite, qui visait à restaurer la confiance entre les deux pays voisins, a décidé d’un processus de désescalade entre la RDC et le Rwanda. Cet objectif sera atteint progressivement grâce à une feuille de route dite de Luanda, axée sur la relance de la commission mixte, qui ne s’est pas réunie depuis plusieurs années, et qui tiendra sa première réunion le 12 juillet dans la capitale angolaise. La feuille de route stipule la volonté de normaliser les relations diplomatiques entre Kinshasa et Kigali. Elle prévoit également la cessation immédiate des hostilités et le retrait immédiat et inconditionnel du M23 de ses positions en RDC. Outre la question du retour des réfugiés « congolais », qui est évoquée, la feuille de route stipule que toute exploitation des ressources naturelles doit se faire dans le strict respect de la souveraineté des Etats.

KMC , KINSHASA
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