La zone de santé de Vuhovi, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, enregistre une hausse préoccupante des cas de paludisme, alerte le personnel médical local. Une situation qui ravive les inquiétudes dans une région déjà fragilisée par des défis sécuritaires et humanitaires persistants.
Selon le médecin chef de zone, le Dr Butungera, cette recrudescence s’explique par plusieurs facteurs environnementaux et comportementaux qui favorisent la prolifération des moustiques, vecteurs de la maladie.
Insalubrité et déchets plastiques en cause
Parmi les principales causes identifiées figure l’insalubrité croissante dans les milieux d’habitation. L’accumulation des déchets, en particulier les plastiques, crée des eaux stagnantes propices à la reproduction des moustiques.
« La mauvaise gestion des déchets plastiques constitue aujourd’hui un véritable problème de santé publique. Ces déchets retiennent l’eau de pluie et deviennent des gîtes larvaires », explique le Dr Butungera.
Mauvais usage des moustiquaires imprégnées
Autre facteur aggravant : le mauvais usage des moustiquaires imprégnées d’insecticide, pourtant distribuées massivement dans le cadre des campagnes de lutte contre le paludisme.
Certaines populations les utilisent à d’autres fins (pêche, protection des cultures, etc,...) ou ne les installent pas correctement, réduisant ainsi leur efficacité.
« Les moustiquaires sont efficaces uniquement si elles sont utilisées correctement et de manière régulière. Leur détournement compromet les efforts de prévention », insiste le médecin.
Un appel à la sensibilisation communautaire
Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent à un renforcement urgent des actions de sensibilisation communautaire. L’objectif est de promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène, la gestion adéquate des déchets et l’utilisation appropriée des moyens de prévention.
Dans un contexte où le système de santé est déjà sous pression, cette recrudescence du paludisme constitue un défi supplémentaire, nécessitant une réponse coordonnée entre autorités sanitaires, partenaires humanitaires et communautés locales.
Diddy Mastaki