Médecins Sans Frontières (MSF) intensifie ses activités médicales en soutien au ministère de la santé afin d’appuyer la riposte à l’épidémie de maladie Ebola en cours dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’épidémie de maladie Ebola, causée par le virus Bundibugyo, évolue dans un contexte complexe marqué par l’insécurité, les mouvements de population et un accès limité aux soins de santé.
Alors que des cas suspects et confirmés continuent d’être signalés, les équipes de MSF travaillent aux côtés des autorités sanitaires nationales et provinciales afin de renforcer les capacités de prise en charge et d’isolement, les mesures de prévention et de contrôle des infections, les systèmes de surveillance et de détection précoce, ainsi que les activités d’engagement communautaire.
Renforcement des capacités de prise en charge
Dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, MSF construit et gère des Centres de Traitement Ebola (CTE), notamment une structure de 65 lits à Mongbwalu et un autre centre à Bunia d’une capacité pouvant atteindre 36 lits. MSF soutient également l’isolement et la prise en charge des cas suspects dans les structures de santé de Mongbwalu, Fataki et Bunia.
Au 30 mai, près de 300 cas confirmés, plus de 900 cas suspects et plus de 50 décès avaient été officiellement signalés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l’Ituri représentant plus de 90 % des cas suspects. Toutefois, l’ampleur réelle de l’épidémie reste difficile à évaluer. Les capacités de dépistage extrêmement limitées ainsi que les difficultés d’accès à certaines zones imposent d’interpréter ces chiffres avec prudence.
« Nous travaillons dans un contexte particulièrement difficile », explique Ewald Stals, représentant de MSF en RDC.
A lui d'ajouter : « Depuis deux semaines, notre capacité à acheminer des équipes et du matériel vers les zones touchées est entravée par les restrictions des déplacements aériens et terrestres. Les capacités de dépistage restent insuffisantes et des centaines d’échantillons sont encore en attente d’analyse dans les laboratoires. Les capacités d’isolement et de prise en charge demeurent également insuffisantes. Tous ces éléments ralentissent l’intensification de la riposte et alimentent des inquiétudes et des craintes légitimes au sein des communautés ».
Seul un nombre limité d’organisations spécialisées, dont MSF, sont actuellement mobilisées en Ituri, alors que les besoins dépassent largement les capacités disponibles. Au Nord-Kivu, MSF gère un Centre de traitement Ebola de 80 lits à Goma et renforce les capacités d’isolement à Goma, Walikale, Mweso, Rutshuru, Butembo et dans les zones environnantes où l’organisation est présente de longue date.
David Aluta