La ville de Beni a renoué avec ses activités socio-économiques ce mardi 20 octobre 2026, au lendemain d’une journée de paralysie décrétée dans le cadre de la sensibilisation de la population à la riposte contre la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, qui sévit dans la région.
Écoles, services publics, banques et commerces ont rouvert leurs portes après une journée marquée par une interruption inhabituelle des activités. Si la reprise est effective, la mesure du lundi 19 octobre continue de susciter des critiques au sein des mouvements citoyens et groupes de pression locaux.
Jack Sinzahera dénonce des tracasseries policières
Plusieurs acteurs citoyens dénoncent les méthodes employées pour faire respecter cette journée ville morte. Jack Sinzahera fait état d’arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, de confiscations de biens et d’interpellations qu’il considère comme des violations des droits humains.
« Des policiers ont barricadé des routes avec des pierres. La population n’avait pas accès à la nourriture, les marchés étant restés fermés. Il n’y avait pas d’accès aux médicaments. Des motos et des biens de la population ont été confisqués. C’était de la tracasserie pure et simple », dénonce-t-il.
Pour cet acteur citoyen, les modalités d’application de la mesure ont aggravé les difficultés quotidiennes des habitants, notamment en limitant leur accès aux produits alimentaires et aux médicaments.
Un appel à des sanctions
Jack Sinzahera appelle le gouverneur militaire du Nord-Kivu à faire la lumière sur les faits dénoncés et à sanctionner les personnes qui seraient responsables des abus allégués.
« Si le Gouverneur militaire n’est pas impliqué dans l’organisation de cette journée ville morte, il doit punir ses organisateurs à la suite des violations des droits humains vécues ce lundi », exhorte-t-il.
Ces accusations appellent une clarification des autorités provinciales et des services de sécurité afin d’établir les circonstances des faits rapportés et, le cas échéant, d’identifier les responsabilités.
Si la sensibilisation et la prévention restent essentielles face à Ebola, les modalités d’application des mesures sanitaires demeurent un enjeu majeur. À Beni, la reprise des activités ne met donc pas fin au débat sur les conséquences de cette journée, entre impératifs de santé publique, accès aux produits essentiels et respect des droits de la population.
Les faits relatifs aux arrestations, aux confiscations et aux autres abus sont rapportés sur la base des déclarations de Jack Sinzahera. Leur vérification indépendante ainsi que la réaction des autorités concernées restent nécessaires.
Diddy Mastaki