Dans le territoire de Mambasa, en Ituri, la recrudescence des attaques attribuées aux Allied Democratic Forces provoque un déplacement massif et continu des populations, révélant une crise humanitaire qui s’aggrave loin des regards.
Selon plusieurs témoignages concordants, des villages entiers se vident progressivement de leurs habitants. Craignant pour leur sécurité, de nombreux civils prennent la route de l’exode vers des zones jugées plus sûres, notamment Bunia, Beni, Butembo, Kisangani, ainsi que d’autres centres urbains encore relativement épargnés par les violences.
Ce mouvement de population s’est intensifié après une série d’attaques particulièrement meurtrières. Des localités comme Muchacha, Mambasa, Apodu, Bafwakoa ou encore Mambasa-Centre ont été le théâtre de violences ayant fait plusieurs dizaines de victimes en l’espace de quelques jours, selon des sources locales.
Face à cette insécurité persistante, les habitants n’ont souvent d’autre choix que d’abandonner précipitamment leurs biens et leurs moyens de subsistance, dans l’espoir de trouver refuge ailleurs.
L’afflux de déplacés vers les centres urbains commence à exercer une pression croissante sur les capacités d’accueil. Logement, accès à la nourriture, soins de santé : les besoins humanitaires augmentent rapidement, dans un contexte où les ressources restent limitées.
Cette situation traduit une détérioration progressive des conditions de vie dans une région déjà fragilisée par des années de conflit.
Malgré les opérations conjointes menées par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et l’armée Ougandaise (UPDF), les attaques se poursuivent. Les Allied Democratic Forces, affiliés à l’organisation État Islamique selon plusieurs sources, continuent de mener des incursions meurtrières, démontrant une capacité de nuisance persistante.
Entre violences armées et déplacements forcés, les populations de Mambasa se retrouvent dans une situation de vulnérabilité extrême. L’exode en cours illustre non seulement l’ampleur de la menace sécuritaire, mais aussi les limites des réponses actuelles face à une crise qui s’enracine.
Dans cette partie de l’Est Congolais, la guerre ne se mesure plus uniquement en termes de combats, mais aussi en vies déracinées et en communautés disloquées.
Diddy Mastaki