Dans son dernier rapport analysé en décembre 2022 par le Conseil de sécurité, le Groupe d'experts de l'ONU sur la RDC révèle que les taxes imposées par le M23 aux postes frontières de Bunagana et Kitagoma ont contribué au financement de ses opérations militaires.
"Par exemple, si l'on considère qu'environ 500 piétons transportant des marchandises traversaient quotidiennement la frontière à la mi-octobre 2022, chacun payant environ 7 000 shillings ougandais (1,80 dollar US), le M23 a collecté en moyenne 27 000 dollars US par mois au seul poste frontière de Bunagana", expliquent les experts de l'ONU.
Cependant, pour éviter d'alimenter le M23, le gouvernement provincial du Nord-Kivu a interdit aux opérateurs économiques, aux agents des douanes et aux commerçants d'importer et d'exporter des marchandises via Bunagana.
"Toute personne dont les marchandises, de quelque nature qu'elles soient, entrent par ce poste frontière sera considérée comme un fraudeur-collaborateur de l'ennemi et subira la rigueur de la loi", a décidé le lieutenant-général Constant Ndima, gouverneur militaire de la province, le 20 juin.
Le trafic n'est pas le seul à être affecté. Les habitations, le bétail et les cultures agricoles sont également taxés en espèces ou en nature.
"Par exemple, les propriétaires de bétail ont dû payer 7 dollars par tête de bétail, et les agriculteurs ont dû payer 3 dollars pour accéder à leurs propres terres", ajoutent les experts.
Malgré l'exode des personnes et des acteurs économiques des zones contrôlées par le M23, les revenus du M23 sont susceptibles d'augmenter étant donné la récente expansion territoriale du mouvement.
Gloiredo Ngise, Goma