Alors qu’un énième accord entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et la rébellion du M23 signé à Genève, en Suisse la semaine antérieure prévoit notamment l’observation d’un cessez-le-feu bilatéral immédiat, la réalité du terrain semble prendre une trajectoire opposée. De nouveaux affrontements ont été signalés dans plusieurs zones sensibles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, selon un communiqué alarmant des Volontaires pour la Defense de la Patrie, VDP Wazalendo.
Dans ce document publié le 21 avril 2026, ces groupes d’autodéfense évoquent une situation sécuritaire en nette dégradation, en contradiction avec les engagements de paix récemment réaffirmés.
Les Wazalendo dénoncent une avancée coordonnée des éléments qu’ils identifient comme appartenant aux forces de l'AFC/M23 dans plusieurs territoires stratégiques.
« Des éléments armés identifiés comme RDF/M23 ont opéré une progression massive et coordonnée », indique le communiqué, précisant que ces mouvements ont été observés notamment dans la chefferie de Burhinyi (Mwenga) et dans le groupement de Kisimba (Walikale).
Selon la même source, ces forces auraient emprunté des axes clés avant d’atteindre certaines localités, où des abus contre les civils ont été documentés.
« Parvenus à Rweja, ces éléments ont procédé à l’enlèvement d’un civil, contraint de leur servir de guide », déplorent les Wazalendo, dénonçant des pratiques contraires au droit international humanitaire.
Le communiqué fait également état d’attaques directes ayant entraîné des pertes civiles.
« Ils ont commis des exactions ayant coûté la vie à dix civils, tués de manière brutale », affirment les signataires, évoquant des affrontements dans le groupement de Kisimba.
Une nouvelle offensive aurait été lancée le 21 avril aux premières heures de la matinée dans la chefferie de Bwito, illustrant la poursuite des hostilités malgré les appels à la désescalade.
Face à cette situation, les Wazalendo expriment ouvertement leur scepticisme quant à la crédibilité des accords en cours.
« Nous exprimons de sérieuses réserves quant à la poursuite des processus de négociation dans un contexte marqué par des violations récurrentes des engagements pris », souligne le communiqué.
Cette position met en lumière un décalage croissant entre les initiatives diplomatiques et la dynamique militaire sur le terrain, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut.
Les signataires évoquent également un renforcement des dispositifs militaires dans certaines zones stratégiques, notamment dans la plaine de la Ruzizi et les Hauts Plateaux, ainsi qu’une activité aérienne accrue. Dans ce contexte, les Wazalendo appellent à une réaction urgente des autorités Congolaises et de la communauté internationale, tout en insistant sur la nécessité de préserver l’intégrité territoriale.
Alors que les autorités Congolaises et leurs partenaires régionaux continuent de privilégier la voie diplomatique, la situation sur le terrain rappelle la fragilité des engagements pris. Le cessez-le-feu annoncé apparaît, pour l’instant, comme une intention difficile à concrétiser.
En conclusion, les Wazalendo résument l’enjeu dans une formule à forte portée symbolique : « La paix ne peut être durable sans sincérité, et le dialogue ne peut prospérer sans respect des engagements ».
Diddy Mastaki