Les récentes tensions enregistrées à Makisabo, sur l’axe Beni–Kasindi, révèlent une nouvelle fois la complexité du rapport entre conservation environnementale et pression foncière dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Le 1er avril 2026, des cultivateurs ont brièvement paralysé la circulation en érigeant des barricades sur la route, dénonçant des restrictions liées aux limites du Parc national des Virunga, l’un des plus anciens et des plus sensibles écosystèmes protégés du continent.
Face à cette mobilisation, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature a tenu à rappeler le caractère légal et non négociable des délimitations du parc. Selon les autorités de conservation, ces frontières reposent notamment sur des repères reconnus, tels que la route nationale n°4, et s’inscrivent dans un cadre juridique établi de longue date.
D’après Méthode Uhoze, ces limites ne sont pas le fruit d’une décision unilatérale, mais résultent d’un processus ayant impliqué les communautés locales ainsi que les autorités coutumières.
Au cœur de la contestation se trouve la question de l’accès à la terre. Dans une région marquée par une forte croissance démographique et des déplacements de populations liés à l’insécurité, les espaces cultivables deviennent de plus en plus rares.
Cette pression pousse certains habitants à s’étendre vers les zones protégées, au risque de raviver des tensions avec les institutions en charge de la conservation.
Vers une cohabitation négociée ?
Tout en réaffirmant ses prérogatives, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature se dit ouvert au dialogue. L’institution appelle à une collaboration renforcée avec les communautés afin de trouver un équilibre entre la préservation de la biodiversité et les besoins socio-économiques des populations riveraines.
Cette approche, axée sur la concertation, apparaît comme une tentative de désamorcer des conflits récurrents dans cette zone stratégique, où la protection de l’environnement se heurte régulièrement aux réalités du terrain.
Au-delà de l’incident de Makisabo, cet épisode met en lumière un défi structurel : concilier conservation et développement dans un contexte de fragilité sécuritaire et économique.
Dans une région où les équilibres restent précaires, la gestion du Parc national des Virunga continue de cristalliser des enjeux à la fois environnementaux, sociaux et politiques.
Diddy Mastaki