La psychose règne à Lubutu-Centre, situé dans le nord de la province du Maniema. Durant tout le week-end dernier, de violents combats ont opposé les Forces Armées de la RDC (FARDC) aux miliciens Maï-Maï menés par le général autoproclamé Bukuyi. Des tirs à l'arme lourde et légère ont retenti de samedi à dimanche soir, plongeant la communauté locale dans l'angoisse.
Selon la société civile locale, l'origine exacte de l'attaque reste difficile à déterminer. Néanmoins, les hommes de Bukuyi ont été aperçus sortant de la forêt dans le secteur de Lazaret juste avant le début des hostilités.
Contraints de rester terrés chez eux pendant la durée des affrontements, de nombreux habitants ont profité d'une accalmie dimanche soir pour fuir massivement la cité, redoutant une reprise des violences.
« Les populations ont droit à la vie, à la protection et à la tranquillité. Il est impératif que les autorités agissent pour sauver des vies humaines et préserver l'avenir de notre territoire », a plaidé Mumbere Mutoro Jean-Pierre, président de la société civile de Lubutu.
En raison de la paralysie des transports et de la limitation stricte des mouvements dans la zone, aucun bilan humain ou matériel n’a encore pu être établi. La société civile redoute qu'un enlisement du conflit ne plonge la région dans une crise humanitaire majeure. Elle demande urgemment aux autorités le rétablissement immédiat de la paix, la protection des civils face aux exactions, ainsi que le déploiement d'une assistance humanitaire pour les déplacés.
Au-delà de ces récents combats, les miliciens de Bukuyi imposent un climat de terreur continu dans le territoire de Lubutu. Ils ont érigé plusieurs barrières illégales sur les axes routiers principaux, soumettant les civils à des taxes forcées et à des tracasseries quotidiennes.
Gloiredo Ngise