Face à l'absence d'une réponse rapide et coordonnée, la situation des Congolais vivant en Afrique du Sud devient critique. Dans une note d'information, Noëlla Ayeganato a tiré la sonnette d'alarme : les rapports de la mission diplomatique de la RDC à Pretoria révèlent de graves failles touchant la communauté Congolaise, particulièrement en matière de sécurité, de protection juridique et d'accès aux services de base.
Devant l'urgence de la situation, l'Assemblée nationale de la RDC s'est saisie du dossier. Les députés ont ainsi auditionné Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d'État et ministre des Affaires étrangères. Cette démarche s'inscrit dans un climat régional particulièrement lourd, où la montée des tensions suscite une vive angoisse chez les diasporas africaines. Pour Kinshasa, une action concertée entre les États concernés est indispensable pour garantir la sécurité de leurs citoyens.
De son côté, le gouvernement Sud-Africain tente de désamorcer la crise après une succession de manifestations anti-immigration. Le président Cyril Ramaphosa a fermement condamné les violences et les actes criminels ciblant les étrangers dans plusieurs provinces du pays. Selon le chef de l'État, ces dérapages ne reflètent en rien les valeurs du peuple Sud-Africain ni la ligne politique de son gouvernement.
Pourtant, la menace persiste à travers l'« Opération Dudula »(un terme zoulou qui signifie « repousser » ou « chasser par la force »). Ce mouvement nationaliste et anti-immigration, habitué de ce genre d'actions, réclame l'expulsion systématique des immigrés, visant principalement les ressortissants d'autres pays d'Afrique. Ses partisans les accusent d'accaparer les emplois locaux, d'asphyxier les services publics et d'alimenter l'insécurité.
Gloiredo Ngise