Deux semaines après la suspension des réseaux de télécommunications mobiles et de la connexion internet dans le territoire de Fizi et la ville de Baraka, la société civile du Sud-Kivu, coordination territoriale de Fizi, tire la sonnette d'alarme.
Dans une note d'information publiée sous la référence 16/SOCIV-FIZI/2026, elle dresse un état des lieux préoccupant des conséquences de cette mesure sur la vie quotidienne, l'économie locale et les activités humanitaires.
Selon cette organisation citoyenne, la coupure des réseaux, en vigueur depuis le 03 juillet 2026, prive les habitants de leurs droits fondamentaux à l'information et à la communication. La société civile estime que cette situation est contraire aux dispositions de la Constitution de la République Démocratique du Congo, de la déclaration universelle des droits de l'homme ainsi qu'à d'autres instruments juridiques internationaux ratifiés par le pays.
Dans son analyse, elle rappelle que ces textes garantissent à toute personne, qu'elle soit Congolaise ou étrangère résidant sur le territoire national, la liberté de communiquer et d'accéder à l'information.
La Société civile souligne également les importantes répercussions socio-économiques engendrées par cette interruption des services de télécommunications. Les plateformes de transfert d'argent mobile, notamment Airtel Money, Orange Money et M-Pesa, sont devenues inaccessibles, paralysant une grande partie des transactions financières dans le territoire de Fizi et la ville de Baraka.
Cette situation affecte directement les activités commerciales, les échanges économiques ainsi que les moyens de subsistance de nombreuses familles, contraintes de vivre sans possibilité de communiquer avec leurs proches ou d'effectuer des opérations financières via les réseaux mobiles.
L'organisation indique par ailleurs avoir constaté, ces derniers jours, des opérations de saisie de kits Starlink appartenant à plusieurs organisations et entreprises d'utilité publique. Elle affirme également que certaines personnes tentant de rétablir des moyens alternatifs de communication feraient l'objet de menaces.
Selon la société civile, cette situation compromet sérieusement les interventions humanitaires dans la région, notamment celles des organisations qui mettent en œuvre des programmes d'assistance financière destinés aux populations vulnérables.
L'absence de communication empêche ainsi plusieurs opérations essentielles de se dérouler normalement.
Face à cette situation, la coordination territoriale de la société civile de Fizi appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes afin de rétablir les réseaux de télécommunications mobiles et la connexion internet ou, à défaut, à mettre en place des solutions alternatives permettant de garantir le droit à la communication.
Pour cette structure citoyenne, l'amélioration rapide des conditions de communication est indispensable afin d'éviter une aggravation de la crise socio-économique et humanitaire qui touche déjà les populations de Fizi et de Baraka.
David Aluta