Un coup dur pour la sécurité locale. Vendredi 17 juillet, aux alentours de 16 heures, soixante-dix (70) prisonniers ont réussi à s'enfuir de l'établissement pénitentiaire de Watsa, pourtant récemment modernisé. La société civile exprime son indignation et sa vive inquiétude face au retour dans la nature de profils jugés dangereux.
L’évasion s'est déroulée sans destruction matérielle, profitant d'un moment de vulnérabilité lors du retour en cellule des détenus après les visites familiales et le temps de détente. Selon Jean-Pierre Atsidri, coordonnateur territorial de la Société civile du Congo à Watsa, les faits se sont produits au moment où un surveillant ouvrait les portes.
Lorsque la garde a tenté de faire regagner les cellules aux prisonniers, les détenus qui étaient à l'intérieur sont sortis, l'ont maîtrisé et lui ont arraché le trousseau de clés. Un capitaine, lui aussi incarcéré, a tenté d'intervenir mais a rapidement été neutralisé. Les évadés ont ensuite ouvert les quatre cellules restantes avant de libérer l'ensemble des prisonniers.
Parmi les 70 fugitifs, la diversité des profils pénaux accentue la crainte d'une détérioration rapide du climat sécuritaire dans la région. On compte notamment 15 détenus poursuivis par l'auditorat militaire pour usage illicite d'armes et de munitions de guerre, ainsi que 55 autres poursuivis par le parquet civil pour diverses infractions de droit commun.
Cette évasion massive suscite une profonde inquiétude au sein de la population, alors que le territoire de Watsa subit déjà une recrudescence de la criminalité et l'activisme de bandes armées. Le fait que cette prison venait d'être entièrement modernisée grâce au financement du gouvernement provincial ajoute à l'incompréhension générale. Présentée comme l'établissement le plus sécurisé de la province du Haut-Uélé et un maillon essentiel de la justice locale, son efficacité est aujourd'hui lourdement remise en question.
Face à ce qui est perçu comme un véritable fiasco, la Société civile tape du poing sur la table. Elle exige aux autorités de diligenter immédiatement une enquête rigoureuse afin d'établir les responsabilités et qu'elles déploient tous les moyens nécessaires pour traquer et réinterpeller les fugitifs au plus vite. Pour l'heure, aucune réaction officielle des autorités judiciaires ou sécuritaires de la province n'a encore été enregistrée.
Gloiredo Ngise