Le décès d’une patiente après un accouchement à l’Hôpital général de référence de Nyakunde est à l’origine des incidents qui ont secoué récemment cette structure sanitaire, selon le médecin directeur de l’hôpital et responsable du Centre de traitement Ebola (CTE), le Dr Charles Kashindi.
D’après ce responsable médical, la situation a commencé après la prise en charge d’une femme admise à la maternité pour un accouchement. La patiente avait réussi à mettre au monde son enfant, mais elle a ensuite développé une complication liée à un saignement post-partum.
« Elle est venue chez nous à la maternité. Lors de l’accouchement, elle a bien accouché. Maintenant, il y a eu un saignement après l’accouchement », a expliqué le Dr Charles Kashindi.
Il précise que les équipes médicales ont engagé les démarches nécessaires pour une transfusion sanguine, mais que la disponibilité du sang a constitué une difficulté majeure.
« L’État comprenait toutes les précautions pour la transfusion. Cela a pris un peu de temps parce que notre banque de sang était déjà en rupture pendant toutes ces manœuvres. Mais malheureusement, elle a rendu l’âme », a-t-il indiqué.
Après l’annonce du décès, des membres de la famille de la défunte, sous le choc, ont exprimé leur colère et se sont dirigés vers l’hôpital, provoquant des incidents dans l’enceinte de la structure sanitaire.
Le médecin directeur affirme que cette colère a également touché le Centre de traitement Ebola, situé à proximité de l’hôpital. Toutefois, il rejette les informations faisant état d’un saccage complet du centre.
« À travers les médias, on parle que le centre de traitement a été saccagé. Je le dis : c’est faux et archi faux. C’est seulement la clôture qui a été partiellement démolie. Ils n’ont pas eu le temps d’accéder à l’intérieur du centre », a-t-il précisé.
Selon le responsable du CTE, la panique provoquée par les événements a néanmoins entraîné la fuite momentanée de certains patients et membres du personnel. Les équipes sanitaires ont ensuite entrepris des actions pour rétablir la situation.
« Nous avons récupéré un suspect qui s’était rendu. Malheureusement, un autre nous a échappé. Mais tous les autres sont bel et bien au centre de traitement », a-t-il rassuré.
Au moment des incidents, le Centre de traitement Ebola suivait quatre patients confirmés positifs ainsi qu’un cas suspect. Le Dr Kashindi indique qu’un seul décès a été enregistré parmi les patients confirmés pendant cette période difficile, sans qu’aucun malade ni membre du personnel ne soit touché par les violences.
Il assure par ailleurs que les activités médicales ont repris normalement au CTE de Nyakunde avec un effectif réduit, appelant la population à préserver les structures sanitaires, indispensables dans la lutte contre Ebola en Ituri.
Joël Heri Budjo