Les Organisations de la société civile environnementale de la République Démocratique du Congo ont adressé ce 10 septembre 2026 un mémorandum au Ministre de l'Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat à Kinshasa avec objectif, la nécessité d'organiser un dialogue national vert en République Démocratique du Congo.
Dans ce document de 7 pages dont une copie a été transmise au Président de la République, à la Première Ministre, aux présidents des deux chambres du Parlement et au Directeur Général de l'ICCN, les organisations environnementales rappellent le statut de la RDC comme pays-solution dans la lutte contre le réchauffement climatique, avec 60% des forêts du Bassin du Congo et près de 10% des forêts mondiales.
« Cette considération mondiale n'est pas seulement une fierté pour la République, mais plus une charge et une responsabilité à sauver la planète, la maison commune qui brûle », écrivent-elles.
Un constat alarmant
Malgré ce rôle crucial, les signataires dénoncent une dégradation accélérée, des espaces verts envahis et des feux de brousse déclarés dans certaines aires protégées, des activités minières qui s'opèrent impunément dans les aires protégées, notamment dans le secteur minier artisanal, des rivières polluées, des érosions, des inondations et des perturbations agricoles dues au dérèglement climatique, des éco-gardes confrontés quotidiennement au braconnage, à l'exploitation minière et forestière irrégulière, sans budget et sans prime de risque.
La situation du Parc National des Virunga (PNVi) est citée comme cas le plus emblématique. Créé en 1925, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979 et en péril depuis 1994, le parc est passé de 4 habitants au km² en 1925 à 300 aujourd'hui, avec une pression démographique et des conflits permanents entre gestionnaires et communautés riveraines.
Pourquoi un Dialogue National Vert ?
Pour les organisations, la conservation doit devenir un levier de développement pour les communautés locales et les peuples autochtones pygmées, et non une source de marginalisation.
Le Dialogue National Vert proposé serait le cadre approprié pour faire le diagnostic général de la conservation depuis la création du premier parc du Congo en 1925 jusqu'à Lomami en 2016, Évaluer l'approche communautaire à travers les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) et Répondre à trois questions : « D'où venons-nous, où sommes-nous, où voulons-nous aller » en matière de conservation.
Les parties prenantes souhaitées sont, le gouvernement Congolais, l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (l'ICCN), les chefs des sites des parcs nationaux de Virunga, Garamba, Upemba, Salonga, Kundelungu, Mangroves et Lomami, la société civile, les chercheurs, les mouvements des jeunes, les femmes, les chefs coutumiers et les partenaires.
« La nature n'est pas à protéger contre les communautés locales et les peuples autochtones pygmées. Elle n'est non plus à protéger sans les communautés locales ou loins des peuples autochtones pygmées », insiste le mémorandum.
Les signataires, coordonnés par le point focal Me Prince Kihangi Kyamwami, coordonnateur National et Avocat Vert, Directeur de Publication du Magazine Forêts du Kivu, se disent disposés à mettre leur expertise à disposition pour l'organisation et l'aboutissement de ce dialogue.
David Aluta