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Tension entre la RDC et le Rwanda : Sans surprise, la France s’invite et joue au sapeur-pompier

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Tension entre la RDC et le Rwanda : Sans surprise, la France s’invite et joue au sapeur-pompier


Depuis plusieurs mois, les relations entre la RDC et le Rwanda sont loin d’être au beau fixe. Et pour cause, les autorités congolaises désignent le Rwandais Paul Kagame comme le cerveau de la résurgence de la rébellion du M23.
Tension entre la RDC et le Rwanda : Sans surprise, la France s'invite et joue au sapeur-pompier
Tension entre la RDC et le Rwanda : Sans surprise, la France s’invite et joue au sapeur-pompier

Du haut de la tribune des Nations unies, le président Tshisekedi a une nouvelle fois désigné le Rwanda comme l’agresseur de la République démocratique du Congo, sous le label du M23. Un secret de polichinelle quand on sait que quelques sept ans passés, les autorités de ce même pays, aux visées obscures, avaient été désignées par Washington comme étant les parrains de ce mouvement rebelle qui a malheureusement refait surface.

Cette situation dure maintenant depuis plusieurs mois. Dès qu’il est sorti de l’ombre, le mouvement rebelle du M23 a multiplié les attaques contre les positions des forces gouvernementales congolaises, obligeant plusieurs familles à se déplacer. Cela a eu pour conséquence directe de mettre en mal les relations entre Kinshasa et Kigali, pourtant, les deux capitales s’étaient rapprochées dès le départ de Joseph Kabila de la tête de la RDC.

Les relations tendues entre les deux pays semblent visiblement ne pas convenir à l’Elysée qui ne cache aucunement à son tour sa volonté de se réconcilier par tous les moyens avec Kigali. En effet, Emmanuel Macron, qui tente de gagner le cœur des Rwandais, qui en veulent toujours à la France pour le génocide de 1994, semble voir dans cette brèche une opportunité de reprendre le contrôle de la région des Grands Lacs, qui glisse peu à peu aux doigts de l’Occident. Dès la fin du discours de Paul Kagame à l’ONU, le président de la République française, M. Emmanuel Macron, a pris l’initiative d’organiser une séance d’échange avec le président de la République démocratique du Congo, M. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et le président de la République du Rwanda, M. Paul Kagame, le mercredi 21 septembre 2022, à New York.

Selon les informations rendues publiques à l’issue de cette rencontre, les trois chefs d’État ont exprimé leur préoccupation face à la recrudescence de la violence dans l’est de la République démocratique du Congo et leur détermination à apporter une réponse régionale et coordonnée à la menace que représentent les groupes armés terroristes dans la région. Afin de créer les conditions d’un dialogue franc et constructif, nécessaire à la relance de la coopération entre les pays de la région et conformément au processus de Luanda, Félix Tshisekedi, Emmanuel Macron et P. Kagame sont convenus d’agir ensemble pour obtenir le retrait le plus rapide possible du M23 de toutes les localités occupées et le retour des déplacés de guerre de ces localités dans leurs foyers, avec le soutien des Nations Unies et de leurs partenaires de l’Union africaine, de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Conférence sur la Région des Grands Lacs (CIRGL).

Les trois chefs d’Etat ont également, à cette occasion, convenu d’intensifier leur coopération de manière durable pour lutter contre l’impunité et mettre fin à l’action des groupes armés dans la région des Grands Lacs, notamment les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR). Ces efforts s’inscriront dans le cadre des initiatives de paix régionales existantes, notamment le processus de Nairobi.

Pour plusieurs analystes congolais, le fait qu’Emmanuel Macron, dont les services tentent depuis plusieurs mois de rapprocher les présidents Tshisekedi et Kagame, ait décidé de prendre les choses en main, traduit sa volonté de maintenir de bonnes relations avec Kigali, dont l’armée devient clairement petit à petit “le Wagner” de la France et de l’Europe sur le continent. En effet, déjà en juillet 2021, lorsque l’armée rwandaise a été déployée au Mozambique pour combattre une insurrection de militants liés à l’État islamique dans la province de Cabo Delgado, Emmanuel Macron a plaidé auprès de ses partenaires européens pour un soutien financier via la Facilité européenne de paix. Et pourquoi le Président Macron a-t-il fait cela ? Incontestablement pour protéger les investissements de TotalEnergies, la compagnie pétrolière française qui s’est engagée à investir 20 milliards de dollars dans le projet de l’immense gisement de gaz offshore découvert il y a quelques années à 40 kilomètres de la côte nord du Mozambique. C’est, sans aucun doute, le plus gros investissement privé français jamais réalisé sur le continent africain. A terme, ces réserves, estimées à près de 5 000 milliards de mètres cubes, pourraient faire du Mozambique le premier exportateur de gaz liquéfié d’Afrique.

Pour d’autres, les tensions entre la RDC et le Rwanda sont une épine dans le pied de Kigali qui, en plus d’apporter un soutien matériel aux combattants du M23, doit également envoyer des hommes sur les fronts de Rusthuru pour combattre les FARDC. Pourtant, le président français préférerait que l’attention de Kigali ne se porte que sur ses forces spéciales qui doivent être déployées en Afrique de l’Ouest, dans le nord du Bénin, une région en proie aux groupes djihadistes sahéliens. Le Rwanda bénéficiant financièrement de ces accords, il est clair que les intérêts de la France de Macron et du Rwanda de Kagame sont alignés. Le président Macron souhaite donc voir un Rwanda en paix avec ses voisins pour mieux protéger les intérêts français en Afrique. Le fait que la France s’invite dans les relations difficiles entre la RDC et le Rwanda est par conséquent loin d’être anodin.

KMC

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