Depuis la consolidation des tensions entre les la rébellion du M23 et les forces armées de la RDC coïncidant avec la coupure des trafics sur plusieurs routes des dessertes agricoles et la perturbation de la vie socio-économique en ville de Goma, dans la partie Est de la RDC, le coût de la vie devient de plus en plus cher.
Des prix de plusieurs biens de première nécessité ont pris de l’ascenseur face à une carence sensible de l’argent qui s’enregistre dans cette ville jadis prise comme référence d’une région à un coût de vie le plus moins cher de la RDC, à côté d’une croissance sensible du chômage et d’un boom démographique après l’accueil de plusieurs milliers de déplacés victimes de cette guerre qui a basculé tout le système économique de la province.
La plus grande conséquence touche directement les enfants qui sont actuellement devenus un fonds de commerce pour la survie de leurs familles. Des plus en plus, des enfants dont l’âge varie entre 7 et 16 ans foisonnent dans les rues de la capitale provinciale du Nord-Kivu circulant avec des marchandises sur la tête ou encore en ramassant des mitrailles avec l’espoir d’avoir avec quoi subvenir à certains besoins de leurs familles.
Elie, 8 ans se retrouve dans la rue, pas parce qu’il est devenu un enfant vivant dans la rue, mais parce qu’il se donne volontiers au travail de collecteur de mitrailles pour se procurer de l’argent et aider ses parents à résoudre certains problèmes financiers de sa famille. Avec son aimant lié à une corde, il circule presque toute la ville, faire plusieurs kilomètres pour avoir des métaux.
« Je passe presque partout à Goma pour chercher des mitrailles ["Bichuma" dans le langage familier de la ville de Goma] NDLR. Si je réalise un kilogramme ou plus je pars les vendre pour avoir une somme d’argent. Je prends une part de cet argent, je donne à ma mère et l’autre part, je l’utilise pour m’acheter des chaussures ou des vêtements. Je le fais parce que papa n’a pas de travail et maman est malade. Et nous n’avons personne pour nous aider », explique-t-il.
Quant à Aimérence, d'une dizaine d'années, elle a été embauchée par sa voisine pour la vente des chikwange et des cacahuètes à travers la ville. Chaque fin du mois, une somme équivalente à cinq (05) dollars américains est versée à sa mère en guise de rémunération du travail de sa fille.
« C’est ma mère qui a demandé à notre voisine de me donner ce travail pour que nous puissions avoir à manger. Nous sommes à six (06) enfants chez nous. Nous n’étudions pas ; papa et maman n’ont pas de travail. Maman vend des braises et papa et un casseur des pierres », témoigne cette fillette.
Ces enfants traversant de nombreux dangers dans la rue crient au secours et demandent aux personnes de bonne volonté et aux autorités de leur venir à l’aide en les inscrivant dans des écoles de la place pour amorcer le parcours scolaire.
« J’aime étudier, mais mes parents n’ont pas d’argent pour m’acheter les uniformes, des cahiers et pour me payer les frais scolaires », souligne Elie.
Cette vie dangereuse que vivent ces enfants est d’un côté dû à l’incapacité financière des certains parents et de l’autre à un manque de suivi social du gouvernement Congolais, surtout dans le contexte actuel de la guerre que traverse la province du Nord-Kivu avec des déplacements massifs de la population vers la ville de Goma, siège des institutions provinciales.
Rappelons que la loi portant protection de l’enfant de la RDC note « l’enfant ne peut être employé avant l'âge de seize ans révolus. L'enfant âgé de quinze ans ne peut être engagé ou maintenu en service, même comme apprenti, que moyennant dérogation expresse du juge pour enfants, après avis psycho médicale d'un expert et de l'inspecteur du travail. Le juge est saisi à la demande des parents ou de toute personne exerçant l'autorité parentale ou tutélaire sur l'enfant, par l'inspecteur du travail ou toute personne intéressée. »
Diddy MASTAKI, Goma