La République Démocratique du Congo entend s’imposer comme un acteur majeur du cacao biologique sur la scène internationale. Une ambition portée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, qui met en avant une progression rapide des exportations et un potentiel encore largement sous-exploité.
Selon les chiffres avancés, la production destinée à l’exportation connaît une croissance continue : 34 811 tonnes en 2022 ; 41 663 tonnes en 2023 ; et 50 800 tonnes en 2024.
Les projections évoquent désormais un volume compris entre 80 000 et 120 000 tonnes à l’horizon 2026-2027, traduisant une dynamique soutenue du secteur.
Cette progression repose notamment sur des conditions agroclimatiques favorables et une agriculture encore peu dépendante des intrants chimiques, un atout majeur dans un marché mondial de plus en plus orienté vers le bio.
D’après Julien Paluku Kahongya, la RDC se positionne déjà comme le troisième exportateur africain de cacao biologique. Ce rang, encore peu médiatisé, témoigne d’un repositionnement stratégique du pays dans les filières agricoles à forte valeur ajoutée.
Le cacao Congolais, souvent issu de petites exploitations, bénéficie d’une image de produit naturel, susceptible de séduire les marchés européens et nord-américains.
Kinshasa ne cache pas ses ambitions : atteindre entre 1 et 2 millions de tonnes d’ici 2030-2035 afin d’intégrer le top 3 mondial des producteurs de cacao.
Un objectif qui, s’il est atteint, repositionnerait profondément la RDC dans la géographie mondiale de cette filière, aujourd’hui dominée par des pays comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.
Entre opportunités et défis
Cette ambition se heurte néanmoins à plusieurs défis structurels : l’enclavement de certaines zones de production ; le déficit en infrastructures de transformation ; la nécessité d’un meilleur encadrement des producteurs ; et l’accès aux marchés internationaux.
Le passage d’une agriculture de subsistance à une filière structurée à grande échelle reste un chantier majeur.
Une filière à fort potentiel stratégique
Au-delà des chiffres, le cacao biologique apparaît comme un levier de diversification économique pour la République Démocratique du Congo, longtemps dépendante de ses ressources minières.
Entre opportunité de développement rural et conquête des marchés internationaux, la filière cacao pourrait devenir l’un des piliers d’une nouvelle stratégie économique, à condition de transformer l’essai sur le terrain.
Diddy Mastaki