RDC : Le Premier ministre présente un budget 2023 ambitieux de près de 14 milliards de dollars US
Quelques semaines seulement après le dépôt du projet de loi de finances 2023, dans le délai constitutionnel à la chambre basse du Parlement, le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a procédé ce vendredi 28 octobre 2022, à la présentation officielle de l’économie générale du projet de loi de finances 2023 à l’Assemblée nationale, lors de la séance plénière présidée par le président de la chambre basse du Parlement Christophe Mboso, en présence des membres du Bureau et des élus du peuple ainsi que des membres du Gouvernement.
Bien avant de déballer l’économie générale de ce projet de loi, le Premier ministre Sama Lukonde a salué « la bonne collaboration qui existe entre le Gouvernement de la République et le Parlement qui travaillent en toute confiance et sans relâche pour le bien-être du peuple congolais ».
Jean-Michel Sama Lukonde s’est dit satisfait du bilan historique réalisé dans le pays par son équipe de guerriers, dans la stricte application des instructions claires du Président de la République, à travers un budget qui est passé en deux ans seulement, de 7 à plus de 14 milliards de dollars US.
L’occasion pour lui de rendre un vibrant hommage au chef de l’État Félix Tshisekedi qui, selon lui, a rendu cet exploit possible, en affirmant haut et fort qu’il était possible d’avoir un budget dépassant les 10 milliards de dollars.
« Ce bond en avant n’est pas le fruit du hasard, il est le résultat du sérieux dans la gestion et le contrôle des finances publiques, dans la lutte contre la fuite des recettes, notamment à travers les organes de contrôle tels que l’IGF, la CENAREF, la Cour des comptes et la maximisation des efforts, notamment au sein des régies financières et des services d’assiettes », a déclaré Sama Lukonde.
Concernant la quintessence de ce projet de loi de finances 2023, il a expliqué qu’il est élaboré dans un contexte marqué, sur le plan international, par le conflit russo-ukrainien déclenché en février dernier avec de profondes conséquences sur le plan économique, notamment avec la fluctuation des prix des produits pétroliers et des produits de base.
Au niveau national, ce budget est élaboré dans un contexte marqué par la persistance de la guerre d’agression et des actes terroristes dans la partie orientale du pays, ainsi que par la menace de la résurgence des conflits intercommunautaires dans certaines autres parties de la République.
Selon lui, les agrégats budgétaires contenus dans cette loi de finances traduisent, en chiffres, l’ambition du Gouvernement pour l’année 2023. Dans son discours, Sama Lukonde a successivement abordé l’état d’exécution du budget en cours au premier semestre 2022, les perspectives internationales et nationales qui sous-tendent le budget 2023, la Programmation budgétaire 2023-2025 et la déclaration des risques budgétaires y afférents, le Contexte d’élaboration du projet de loi de finances 2023 et la Configuration du projet de loi de finances 2023.
Le Premier ministre affirme aussi que ce projet de loi de finances, soumis à l’examen et au vote des représentants légitimes du peuple congolais, comporte plusieurs faits saillants. En ce qui concerne les recettes, le budget général affiche 27 968,8 milliards de FC en 2023 contre 20 408,3 milliards de FC en 2022, soit une augmentation de 37,1%. En matière de dépenses, l’augmentation des crédits alloués aux investissements par rapport à leur niveau en 2022 atteignant un taux de 45,8%, l’augmentation de la part des investissements dans le Budget Général de 2023 de 37,8%, la réduction du coût de la vie des établissements par une régression de 30% du budget de fonctionnement de ces établissements entre 2022 et 2023, avec un effet net de régression de 14,3% des coûts de fonctionnement des établissements. Il a également évoqué l’augmentation significative, par rapport au budget 2022, de la part des crédits alloués aux secteurs porteurs, notamment l’Agriculture (110,5%), la Pêche et l’Élevage (205,7%), ainsi qu’aux secteurs sociaux dont la Santé (62,1%), la Culture (38%) et l’Éducation, dans tous ses sous-secteurs (39,1%).
Il y a également l’alignement des parts d’allocation des secteurs prioritaires sur les engagements internationaux, notamment une allocation de 10% du Budget au secteur de la Santé pour converger progressivement vers les engagements de la Déclaration d’Abuja, une allocation de 18,6% au secteur de l’Éducation dans son ensemble pour un alignement progressif sur la Déclaration du Sommet de Londres sur l’Éducation, une allocation de plus de 10% au secteur de l’Agriculture, conformément à la Déclaration de Maputo sur l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire.
La loi de finances 2023 recommande également d’augmenter la part des crédits dans les secteurs de la défense et de la sécurité (10,4%), principalement pour la mise en œuvre de la loi de programmation militaire en vue de renforcer les effectifs des Forces armées de la République démocratique du Congo, ainsi que de redynamiser l’industrie militaire pour leur permettre de faire face aux nombreuses zones de tension, notamment dans le nord-est du pays.
Aussi, la nécessité pour ce budget d’accélérer l’opérationnalisation du Programme de désarmement, démobilisation, réhabilitation et stabilisation des communautés, PDDRCS-C. Le budget 2023 prévoit également la poursuite du financement du Programme de Développement Local pour les 145 territoires.
Le Chef du Gouvernement, avant de demander la recevabilité de ce projet de budget aux honorables députés nationaux, a indiqué que cette loi de finances a pris en compte, en concurrence avec la contrainte budgétaire, les grandes orientations de la politique budgétaire contenues dans sa Lettre d’Orientation Budgétaire, en s’inscrivant dans la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement soutenu par le Plan Stratégique National de Développement et le Programme de Développement Local des 145 territoires, vision du Président de la République.
« Une attention soutenue a été accordée aux secteurs sociaux et aux secteurs favorisant la croissance et le développement, conformément aux différents engagements internationaux auxquels le pays a souscrit.
Le Gouvernement entend également assurer la pacification de l’ensemble du territoire national en mettant un accent particulier sur le secteur de la défense et de la sécurité, notamment à l’Est du pays. Un accent particulier a également été mis sur le recensement et l’identification de la population, l’organisation des élections générales, la maîtrise de la pandémie de Covid19 et la prise en compte de la subvention pétrolière pour maintenir un prix social à la pompe.
En ce qui concerne le financement de la politique du gouvernement, Jean-Michel Sama Lukonde entend mettre l’accent sur la promotion de la culture fiscale, la poursuite de la mise en œuvre de la réforme fiscale et douanière déjà engagée, la numérisation des administrations financières ainsi que les missions de contrôle de gestion, en vue de porter la pression fiscale au niveau de 17,6% en moyenne en Afrique subsaharienne.
« Nous devons être ensemble, dans un esprit patriotique, comme un seul peuple. C’est aussi ce que signifie être une nation. Ce n’est pas le moment de faire le point. Ce n’est pas ce qu’attendent nos compatriotes. L’heure du bilan viendra. Le temps des élections aussi. Mais aujourd’hui, le temps reste à l’action et à l’action encore. Bien sûr, nous avons fait beaucoup, mais nous avons encore beaucoup à faire. C’est pourquoi, Honorables Parlementaires, représentants légitimement élus du peuple congolais, au nom de tout le Gouvernement de la République ici présent, votre Gouvernement, je me tiens devant vous pour vous demander de vous approprier ce projet, de l’enrichir, si nécessaire, et de nous donner les moyens de poursuivre la matérialisation de la vision de Son Excellence le Président de la République, Chef de l’Etat, vision soutenue par le programme tel que vous l’avez approuvé ici, tout en espérant obtenir de vous le bénéfice d’un accompagnement toujours plus poussé… Je demande humblement que la Représentation nationale se prononce massivement en faveur de sa recevabilité », a-t-il ajouté.
Enfin, après la présentation de ce Projet de Budget 2023, s’en est suivi le débat général au cours duquel le Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde a enregistré tant les félicitations et encouragements que les préoccupations et observations des élus nationaux pour son enrichissement.