La situation socio-économique de la ville de Goma se dégrade de jour en jour en raison de la persistance de la guerre dans différentes zones qui desservent la ville en produits alimentaires d'une part et de la dépréciation du franc congolais par rapport au dollar américain d'autre part.
Cette situation est décriée par la présidente des petits commerçants transfrontaliers de la ville de Goma, qui exploitent la zone douanière Goma-Gisenyi entre la RDC et le Rwanda. Selon Mme Brigitte Kisuba, cette situation a désormais pour conséquence directe l'instabilité des prix de plusieurs denrées alimentaires sur le marché, qui ont toujours tendance à augmenter face à un panier de la ménagère qui reste faible.
Depuis le début de la guerre du M23 dans le territoire de Rutshuru, la ville de Goma connaît une pénurie de plusieurs produits de première nécessité. Ceci explique également la variation quotidienne des prix en fonction des zones conquises par cette rébellion. Des denrées alimentaires aux produits manufacturés, la situation ne cesse de se dégrader.
Cependant, selon elle, ces conséquences n'affectent pas seulement les consommateurs, mais aussi les petits commerçants, d'autant plus que beaucoup d'entre eux opèrent avec un petit capital. Ils ne savent plus comment faire face à la perte de valeur du franc congolais par rapport aux devises étrangères, en l'occurrence le dollar et le franc rwandais, deux monnaies dans lesquelles ils effectuent leurs transactions.
Brigitte Kisuba demande au gouvernement congolais d'envisager des solutions appropriées pour mettre en place une bonne politique de sécurité monétaire et surtout la sécurisation de toutes les zones connues pour être des sources d'approvisionnement de Goma en produits agricoles pour sauver la situation alimentaire de la ville touristique qui risque de traverser une crise alimentaire majeure de son histoire avec ses plus de deux millions d'habitants auxquels s'ajoutent, avec la guerre, plusieurs centaines de milliers de déplacés.
Diddy MASTAKI, Goma