La ville de Goma, frontalière à la ville Rwandaise de Gisenyi dans le district de Rubavu connaît une forte concentration des sujets Rwandais qui traversent chaque jour la frontière à la recherche d’emploi pour survivre avec leurs familles.
Des femmes, des hommes et jeunes passent leurs journées entières à Goma, ville à plusieurs opportunités située dans la partie Est de la RDC. Nombreux d’entre eux traversent pour la maçonnerie, la mécanique, le petit commerce ou encore la manutention et faire le pousse-pousseur à côté d’un nombre important de quémandeurs.
Alexis Gahanga, une soixantaine d'années est un sujet Rwandais qui traverse chaque jour la frontière Congolo-Rwandaise pour faire le pousse-pousseur dans le centre commercial de Goma, son seul et unique métier depuis plus de vingt (20) ans.
Dans un entretien avec Congorassure.cd, cet homme désormais aux comportements Congolais souligne que le climat des affaires et surtout débrouillardise n'est pas favorable pour le gagne-petit. Il affirme que dans son pays, le Rwanda accepte d’y effectuer toutes ses activités, c'est synonyme d’accepter de voir des extrémités des classes sociales qui ne tiennent pas en compte la classe moyenne quasi inexistante dans son pays.
« Je fais mon travail au Congo depuis plus de vingt ans. Ça me permet de bien prendre en charge ma famille. Mon choix comme celui de presque tous les Rwandais de faire leurs affaires au Congo est que les dirigeants Congolais ont les réels soucis de la vie de leurs citoyens malgré la guerre interminable qui ne leur permet pas de faire encore mieux. Avec ce travail, il m’est très facile de réaliser entre 10 et 15 dollars américains par jour. Chose qui n'est pas facile au Rwanda où soit tu es riche, soit tu es extrêmement pauvre », explique-t-il.
Par ailleurs il affirme l’hospitalité du peuple Congolais, qui en dépit des relations conflictuelles actuelles avec le régime de Kagame, ils continuent à considérer les Rwandais comme leurs propres frères.
« Au Congo, je me sens trop à l’aise et les Congolais nous considèrent toujours comme des frères. Ils ne se sont jamais inquiétés de notre présence régulière dans leur pays malgré tout ce qui se passe avec les politiciens. Ça fait preuve d’un si grand amour », souligne-t-il.
Est-ce une fuite des capitaux au détriment de l’économie Congolaise ?
À cette question, la réponse reste dissuasive. Des Rwandais travaillent au Congo, mais semble laisser une bonne partie de leurs revenus sur le sol Congolais.
Dans une enquête de Congorassure.cd, les résultats révèlent qu’à chaque fois que ces Rwandais clôturent leurs journées dans des petits travaux à Goma, ils effectuent presque tous leurs achats dans la ville touristique.
Confirmation des petits commerçants transfrontaliers étalant leurs marchandises dans le marché de Kahembe et dans le carré douanier de la petite barrière. Ils soulignent qu’à partir de 13 h de chaque jour, heure à un fort engouement de Rwandais se disputant de traverser la frontière avant sa fermeture qui, actuellement intervient à 15 heures locales, ils écoulent de lots de marchandises à détail pour qu’elles traversent la frontière pour la consommation.
Pour les Rwandais, à Goma les prix des produits de première nécessité sont plus accessibles par rapport au Rwanda. Ce qui place la RDC en bonne posture pour récupérer d’une manière ou d’une autre les sommes d’argent reçues par les sujets Rwandais dans leurs différents métiers de routine.
Cela est perçu par les économistes comme un gain pour la RDC afin de garder un petit équilibre de la balance de paiement qui serait menacée par la fuite de capitaux si jamais ces sujets Rwandais ramenaient tout leur gain dans leur Rwanda natal.
Diddy MASTAKI, Goma