Loi D. Mbau : Pour l’Imam Twaha, fixer le montant de la dot, c’est matérialiser le plan qui consiste à diaboliser et chosifier la femme
Dans un message signé par le secrétaire général de la Communauté islamique du Congo COMICO, l’Imam Twaha, le député national Daniel Mbau est rappelé à l’ordre après le dépôt de son projet de loi fixant la dot à 500$ en milieu urbain et 200$ en milieu rural.
Selon l’Imam Twaha, la dot dans la culture africaine n’a jamais été fixée en monnaie, c’est une culture occidentale qui a conduit à des factures exorbitantes. Pour cette confession religieuse, perpétuer cette méthode occidentale au point de l’officialiser n’est ni plus ni moins qu’une aliénation.
D’autre part, le responsable religieux invite le député Mbau à plébisciter la culture africaine en lieu et place de son schéma qui du reste n’aura aucun effet dans notre société. Celui-ci indique que fixer le montant de la dot, revient à matérialiser le plan qui consiste à diaboliser et chosifier la femme.
Au passage, s’attaquant à la proposition du député national Daniel Mbau, interdisant la polygamie, le Secrétaire Général de la Communauté Musulmane du Congo épingle les méfaits de la monogamie « métropolitaine », étant déjà « néfastes » dans la société congolaise suite aux innombrables conflits judiciaires représentant plus de 60% des dossiers judiciaires actuellement (conflits de succession).
« Vu les statistiques fiables de toutes les organisations internationales sur le nombre important des femmes par rapport aux hommes, vu le nombre de plus en plus croissant des filles mères sans maris surtout dans les milliers urbains, vu le nombre de plus en plus inquiétant des enfants dits de la rue dont l’enquête révèle la monogamie mal planifiée comme source principale, vu la stabilité familiale due à la polygamie dans nos villages, vu le nombre inquiétant des lieux de prédation des mœurs où les filles et les femmes révoltées par le manque de mariage, s’étalent comme des poisons salés dans tous nos quartiers, vu la réalité indéniable des polygames existant dans chacune de nos familles, vu le nombre de dommages déjà enregistrés pour non officialisation de la vie polygamique de plusieurs citoyens congolais sans distinction de religion, compte tenu du principe constitutionnel consacrant la RDC comme un pays laïc où plus de 20% de notre population sont des confessions officiellement reconnues par l’Etat congolais ; des confessions qui autorisent la polygamie notamment la confession musulmane, nous disons que proposer une telle loi pourrait venir de tous sauf d’un député national qui est censé connaître la réalité de son peuple sur l’ensemble du territoire national », dit l’Imam Twaha.
Par Daudi Amin