Malgré l'interdiction du payement des frais de stage par les autorités éducatives, leur perception auprès des élèves finalistes demeure une pratique courante dans plusieurs établissements scolaires de la ville d'Uvira.
C'est ce que révèle une enquête réalisée par l'Union des Femmes des Médias pour la Paix (UFMP) auprès d'élèves finalistes de différentes écoles de la ville. Selon les résultats de cette enquête, près de 95 % des élèves interrogés déclarent avoir versé des frais avant leur départ en stage.
Les informations recueillies montrent que la majorité des élèves ont payé 20 dollars Américains, tandis que d'autres affirment avoir déboursé des montants supérieurs. Plusieurs témoignages indiquent que le paiement de ces frais leur a été présenté comme une condition préalable à l'autorisation d'effectuer leur stage.
Dans le cadre de cette enquête, l'UFMP a également recueilli les réactions de plusieurs responsables d'établissements scolaires. Certains reconnaissent que des contributions financières sont demandées aux élèves, expliquant qu'elles servent notamment à couvrir les dépenses liées à l'achat de papiers duplicateurs et d'autres fournitures nécessaires à l'organisation et au suivi des stages. D'autres responsables affirment ne pas être informés de cette pratique ou ont préféré ne pas se prononcer.
Pour Sidabagoma Ifundo Patient, président provincial de l'Association nationale des parents d'élèves et étudiants du Congo (ANAPECO) au Sud-Kivu, cette pratique constitue une violation des instructions des autorités éducatives.
« Les frais de stage sont strictement interdits. Les exiger aux parents revient à les soumettre à un véritable rançonnement », déclare-t-il.
Selon lui, de nombreuses familles, déjà fragilisées par la conjoncture économique, sont contraintes de contracter des dettes ou de consentir à d'importants sacrifices afin de permettre à leurs enfants d'accéder au stage.
Il appelle les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de contrôle et à sanctionner les établissements qui continuent d'imposer ces frais en violation des directives en vigueur.
Contacté par l'UFMP, le Sous-Proved d'Uvira 1, Pascal Malumbi, rappelle que la réglementation interdit formellement toute perception obligatoire de frais de stage.
« Les parents peuvent, de leur propre initiative, apporter un soutien à leur enfant s'ils en ressentent la nécessité pendant le stage. En revanche, aucun établissement scolaire n'est autorisé à fixer un montant obligatoire », précise-t-il.
Le responsable indique également que ses services n'ont, à ce jour, reçu aucune plainte officielle relative à cette pratique. Il assure néanmoins que toute dénonciation documentée fera l'objet d'une vérification et, le cas échéant, de sanctions administratives contre les responsables concernés.
À travers cette enquête, l'UFMP met en évidence un décalage persistant entre les dispositions réglementaires et les pratiques observées sur le terrain. Ces constats soulignent la nécessité d'un contrôle plus rigoureux du respect des instructions officielles afin de protéger les ménages contre les frais illégaux et de garantir l'égalité d'accès aux stages scolaires pour tous les élèves finalistes.
Rédaction