Le gouvernement congolais a adopté un plan d’action interministériel destiné à faire face à la crise liée à la baisse des cours du cacao sur le marché international. La décision a été prise lors de la 88e réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 8 mai à Kinshasa sous la présidence du chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a indiqué que ce plan vise à protéger la filière cacao et soutenir les producteurs face aux fluctuations des prix mondiaux.
Selon le ministre, le gouvernement a analysé le contexte de l’embellie observée en 2024, période durant laquelle la tonne de cacao avait dépassé les 10 000 dollars américains, avant d’enregistrer une baisse des cours.
Dans le cadre des mesures arrêtées, le ministère des Finances prévoit d’accorder des allègements fiscaux aux comptoirs qui exportent officiellement le cacao et rapatrient les devises en RDC.
Du côté du secteur agricole, le gouvernement entend poursuivre la distribution gratuite de semences améliorées ainsi que des bacs de fermentation afin d’améliorer le rendement et la qualité de la production.
Les autorités annoncent également la construction d’entrepôts de stockage, de silos et d’infrastructures de conservation destinées à mieux structurer la filière.
Le ministère du Développement rural sera chargé d’accompagner les petits producteurs dans la création de coopératives capables de négocier directement des contrats de vente sans intermédiaires.
Parallèlement, les ministères de l’Énergie et de l’Industrie devront mobiliser une ligne de crédit à travers le Fonds de Promotion de l’Industrie afin de préfinancer les campagnes d’achat et lancer la première phase de transformation locale du cacao.
Le gouvernement prévoit aussi l’opérationnalisation des Zones économiques spéciales de Musienene, au Nord-Kivu, et de Gwaka, dans le Sud-Ubangi, avec l’installation de nouvelles zones en Ituri et dans le Haut-Uele.
Le volet infrastructures prévoit la réhabilitation urgente des axes routiers reliant les zones de production aux ports, aux frontières et aux grands centres de consommation.
Les ministères de l’Intérieur et de la Défense devront, quant à eux, mettre en place une unité mixte composée de la police, des services douaniers et de l’armée afin de sécuriser les voies utilisées par les réseaux de contrebande.
Pour le ministère du Commerce extérieur, l’accent sera mis sur la formation des producteurs aux normes internationales, la diversification des marchés d’exportation ainsi que l’application d’une politique rigoureuse de contrôle de qualité.
Selon le Conseil des ministres, la réponse à la crise du cacao doit être à la fois fiscale, structurelle et sécuritaire. Le gouvernement estime que la stabilisation du secteur passe notamment par la réduction de certaines taxes, le développement de la transformation locale ainsi que la lutte contre la fraude et l’insécurité dans les zones de production.
Les dernières mercuriales publiées pour la période du 4 au 9 mai 2026 indiquaient toutefois une légère hausse des prix du cacao exporté par la RDC, passant de 3,23 à 3,26 dollars américains le kilogramme.
Merveilles Kiro