Face à la fragilisation des activités académiques par les camps en conflit à l'Est de la République Démocratique du Congo, des acteurs universitaires viennent de lancer une pétition citoyenne.
Selon ses initiateurs, cette démarche se veut citoyenne, pacifique et intellectuelle. Elle vise à rassembler les voix des enseignants, chercheurs, étudiants, personnels universitaires, diplômés et citoyens attachés à la sauvegarde et à la continuité de l'enseignement supérieur dans l'Est du pays.
Plus de 50 000 étudiants pris en otage
La crise actuelle touche directement plus de 50 000 étudiants et de nombreux membres du personnel scientifique et académique, notamment les enseignants Nouvelles Unités et Non Payés.
Deux décisions sont à l'origine de la crise, le 7 août 2026, la coordination de l'AFC/M23 a désigné et nommé de nouveaux membres des comités de gestion dans plusieurs établissements publics d'enseignement supérieur de Goma et Bukavu. Le mouvement justifie ces nominations par la nécessité de combler les vides et d'assurer le fonctionnement dans ce qu'il qualifie de « territoires libérés ».
En réaction, le Gouvernement congolais, par l'arrêté ministériel n°239/MINESURSI du 20 août 2026, a suspendu jusqu'à nouvel ordre les activités académiques et para-académiques de l'année 2026-2027 dans onze établissements de Goma et Bukavu.
Sont concernés à Goma, l'Université de Goma, l'ISC-Goma, l'ISTM-Goma, l'ISTA et l'ISP-Goma. À Bukavu, l'UOB, l'ISC-Bukavu, l'ISTM-Bukavu, l'ISP-Bukavu, l'ISDR et l'ISAM.
Cette suspension concerne les inscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations.
« L'ESU n'est pas un butin de guerre »
Dans un plaidoyer adressé au Parlement, l'ancien député national de Goma, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, salue le refus du gouvernement de laisser l'enseignement supérieur devenir « un butin de guerre » mais alerte sur les conséquences. Près de 44 000 étudiants se retrouvent pénalisés, condamnés à l'oisiveté et privés de leur droit à l'éducation.
Les alternatives proposées comme le transfert vers des universités hors zones de conflit se heurtent à des coûts très élevés, au logement et au transport.
La pétition lancée par le Collectif des intellectuels demande notamment, la reprise sécurisée des activités académiques, le respect de la liberté académique et de la neutralité des universités, la protection des universités conformément à la Résolution 2601 du Conseil de sécurité de l'ONU sur la protection de l'éducation en temps de conflit.
Les pétitionnaires affirment, « Nous refusons que les universités deviennent les victimes collatérales des affrontements politiques et militaires. L'université doit demeurer un espace de savoir, de recherche et de construction de la paix ».
Une pétition disponible en ligne via ce lien 👇
https://c.org/rRNvGGfjBC
David Aluta