Alors que les résultats escomptés lors de l’instauration de l’état de siège tardent à se concrétiser et que les menaces pesant sur l'intégrité nationale demeurent bien réelles en République Démocratique du Congo (RDC), une nouvelle stratégie s'impose pour faire face aux défis complexes qui entravent le développement et la stabilité du pays, estime l’ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre de l’Industrie, Julien Paluku.
Ce haut cadre de l’Union Sacrée de la Nation soutient que l’approche qu’il propose requiert une combinaison efficace d'actions diplomatiques, politiques et militaires pour remettre sur les rails un processus de paix et de prospérité durable. Il prêche ainsi pour la levée de l’état de siège.
Retour des civils à tous les niveaux de l’administration
Julien Paluku explique que la fin de l'état de siège s'avère impérative pour rétablir un climat de confiance entre les citoyens et les forces de sécurité. Cette mesure ouvrirait la voie au retour des civils à tous les niveaux de l'administration territoriale. “Il faut simplement mettre fin à l'état de siège et permettre le retour des civils à tous les niveaux de l'administration territoriale surtout que, outre les autorités élues au niveau Provincial, il y a de nouvelles autorités nommées à la tête des Villes, des Territoires et des Communes et qui constituent des maillons importants dans l'accompagnement de l'action militaire”, déclare l’ancien gouverneur.
Il justifie cela par le fait que la Constitution et les Lois établissent clairement la suprématie de l'autorité civile sur les forces militaires et de police. Si les militaires et policiers endossent des rôles civils, la question de leur soumission à une autorité civile légitime devient préoccupante.
Diplomatie et Politique : Mettre en Œuvre les Processus de Nairobi et de Luanda
Dans un monde de plus en plus interconnecté, la RDC ne peut espérer progresser en isolation. C'est dans cet esprit que Julien Paluku penche pour la mise en œuvre continue des processus de Nairobi et de Luanda, qui selon lui, s'avère cruciale. Il maintient que les engagements pris doivent être soutenus par des ressources financières concrètes, injectées notamment dans le Programme de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Réinsertion Communautaire (PDDRCS), au lieu de se limiter à de simples déclarations d'intention. “Cette mesure permettrait de favoriser une transition pacifique des groupes armés vers une réintégration productive dans la société congolaise”, argumente-t-il.
Dans le même registre, J. Paluku affirme qu’une autre étape clé pour apaiser les tensions politiques dans le Nord-Kivu est l'ouverture des Bureaux de Réception et de Traitement de Candidatures (BRTC) à Goma. Cela permettrait l'enregistrement des candidatures de Rutshuru et Masisi, offrant ainsi une lueur d'espoir aux populations locales qui aspirent à participer activement au processus électoral. Bien que l'enrôlement des électeurs ne soit pas encore fait, il souligne que la loi sur la répartition des sièges a déjà été votée et promulguée, fixant le nombre de sièges pour ces circonscriptions. En permettant l'enregistrement des compétiteurs en attendant l'enrôlement des électeurs, on enverrait un signal fort que toutes les régions du pays sont traitées avec équité et que personne n'est exclu du processus démocratique.
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