La révision constitutionnelle, souvent source de débats enflammés et de controverses, a récemment pris une place centrale dans le paysage politique RD Congolais. Les discussions autour d'une éventuelle prolongation du mandat présidentiel ont suscité une vive réaction dans l’opinion, plus particulièrement de la part du Bureau National du Conseil de l'Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC).
Alors que la proposition de révision constitutionnelle visant à offrir au Président de la République un mandat de dix ans sans possibilité de renouvellement, a été largement médiatisée et discutée sur les médias et les réseaux sociaux, le CALCC estime que cette proposition risque de mettre en mal la stabilité politique et la gouvernance du pays. L’organisation insiste sur le caractère délicat et sensible du sujet, particulièrement dans le contexte actuel d'un processus électoral en difficulté.
Cette proposition qui a émergé à la fois lors du Congrès du parti politique « Vent d'avenir » le 17 août 2023, et lors d'une conférence au centre Boboto le 19 août 2023, rencontre en effet une réaction forte et négative dans l’opinion. “Les organisateurs devront se rendre compte que leur ballon d'essai a choqué la conscience de plus d'un Congolais ; et ne doivent plus revenir sur ce sujet combien sensible, surtout dans le contexte actuel d'un processus électoral très mal engagé”, a déclaré le CALCC par le biais de son Bureau National le 29 août 2023.
La structure rappelle que la révision constitutionnelle actuelle risquerait de compromettre davantage la stabilité politique du pays déjà fragilisée. Elle souligne que sa réaction est en ligne avec l'appel à la vigilance lancé lors de la 60e Assemblée Plénière de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) en juin 2023, où le peuple congolais a été invité à la vigilance tout azimut, en étalant les problèmes majeurs liés à la mauvaise gouvernance politique et sécuritaire due à la cupidité des dirigeants assoiffés du pouvoir pour le pouvoir à travers des élections bâclées.
“Il serait donc encore plus dangereux d'engager le pays sur une autre pente raide : la révision constitutionnelle actuelle pour un mandat éternel de 10 ans”, affirme par ailleurs le CALCC.
Le Bureau National du Conseil de l'Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo souligne fermement que le Congo appartient à l'ensemble de la population congolaise et non à un groupe restreint de politiciens au pouvoir. Dans le même temps, l’organisation met en garde contre le sacrifice de la souveraineté du peuple au profit d'intérêts particuliers.
CongoRassure