Dans une déclaration retentissante, Corneille Nanga, qui était autrefois en charge de l'organisation des élections en RDC, a accusé le gouvernement actuel, dirigé par Félix Tshisekedi, d'utiliser le processus électoral pour prolonger son mandat et s'enrichir personnellement. Il a qualifié le fichier électoral de bancal et faisandé, pointant du doigt une incapacité technique à mener des élections justes et transparentes.
Il n’y aura pas élections le 20 décembre 2023. Le processus électoral est basé sur le mensonge et le faux(…)Monsieur Tshisekedi évolue en pyromane et pompier à la fois pour le besoin du glissement de mandat afin de prolonger son enrichissement personnel, a-t-il déclaré.
Un accord entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila
Nanga a également rappelé l'existence d'un accord politique qui existerait selon lui, entre l’actuel président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila en 2018. Pour lui, cet accord est comme un acte d'État qui doit être respecté. Il a averti que ne pas respecter cet accord aurait des conséquences graves pour la stabilité politique en RDC.
Cet accord sera rendu public aujourd’hui parce le premier bénéficiaire en nie l’existence ce qui est un mensonge, a-t-il indiqué.
La question de l’insécurité dans l’Est
Une autre question soulevée par Nanga concerne la question de la sécurité nationale, en particulier dans l'est de la RDC. Il estime que la légèreté dans la prise en charge de cette question découle d'une débilité politique. La sécurité nationale devrait demeurer une priorité absolue, selon Nanga. « La sécurité nationale doit demeurer une priorité des priorités. Félix Tshisekedi a dit lui-même que tant qu’il n’aura pas réglé ce problème de sécurité, pour lui, il n’aura pas réussi son mandat de Président de la République », souligne-t-il.
L'ancien président de la centrale électorale a été également sans équivoque dans sa condamnation du président actuel, Félix Tshisekedi. Il l'accuse d'échec, de corruption, de détournements, de violations des droits de l'homme, et de nombreuses autres méfaits. À quelques semaines du début de la campagne électorale, Nanga estime que le président Tshisekedi ne mérite plus la confiance du peuple congolais.
Pour Nanga, il faut dissocier son combat politique de l’affaire des carrés miniers
Je suis en exil forcé pour des raisons de sécurité. Très étonnant que le régime veuille caricaturer mon combat politique pour le rabaisser aux carrés miniers qui m’ont été dépossédés par la famille Tshisekedi, explique-t-il. L’ancien président de la centrale électorale insiste et souligne qu’il s’agit d’un patrimoine privé que personne n’a la prérogative légale de spolier.
Une déclaration accueillie de manière mitigée
Cette énième sortie de Corneille Nanga a été accueillie de manière mitigée. Si certains applaudissent ses déclarations, d'autres estiment que l'ancien président de la CENI devrait être arrêté.
Si j'ai bien compris, M. Corneille Nanga a pu signer un accord politique pour que le président Tshisekedi soit à la tête du pays, alors qu'il n'avait pas été élu. En d'autres termes, la Justice devrait tout mettre en œuvre pour juger M. Nanga pour avoir failli à sa mission et violé délibérément la Constitution. C'est de la haute trahison, a réagi un internaute, manifestement remonté.
Pour un autre, Nanga est ridicule et se ridiculise aux yeux du monde. "Depuis que l'Etat a repris une mine illégalement occupée par vous, vous choisissez de déverser des mensonges sur la place publique", a-t-il réagi sur le compte X de Corneille Nanga.
Notons que jusque tard dans la soirée de mercredi, aucune personnalité de l'Union sacrée n'avait officiellement réagi aux déclarations de Corneille Nanga ni à sa promesse de publier le fameux accord qui aurait été signé entre l'ancien président Joseph Kabila et Félix Tshisekedi.
CongoRassure