Lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg le lundi 16 juin dernier, le député Européen Thierry Mariani a lancé un vibrant réquisitoire contre l’inaction de l’Union Européenne face à la crise persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), accusant frontalement le Rwanda et dénonçant la complaisance de Bruxelles.
« En février, notre Parlement a adopté une résolution sur la crise à l'Est de la République Démocratique du Congo, pointant très clairement la responsabilité du Rwanda dans ce drame qui dure depuis 30 ans », a rappelé l’eurodéputé.
Mais malgré cette résolution ferme, quatre (04) mois plus tard, « M. Kagame et ses milices continuent d'occuper une partie de la RDC, de la piller et d'y massacrer ».
L’intervention a mis en lumière la frustration croissante au sein de certains cercles Européens face à ce qu’ils considèrent comme une diplomatie à deux vitesses.
« L’UE se moque des Congolais car pour l’Ukraine, on en est à la 18e ou 19e vague de sanctions. Pour le Congo, une seule vague de sanctions, symbolique, qui n’a donné aucun résultat », a-t-il déploré.
Dans un ton grave et indigné, ce député a poursuivi : « Les cadavres et les preuves s’accumulent. Mais Bruxelles regarde ailleurs. Toute cette ridicule comédie doit cesser, car plus de 100 millions de Congolais nous regardent et attendent que l’Union Européenne sanctionne réellement M. Kagame et son entourage, qui sont les seuls responsables de ce massacre ».
La dénonciation publique intervient alors que les rapports d’agressions répétées par les rebelles du M23 soutenus par Kigali, selon de multiples rapports des Nations-Unies continuent d’affluer, avec des centaines de morts, des milliers de déplacés et des zones entières sous occupation militaire.
Pour de nombreux observateurs, cette sortie traduit une fracture entre les engagements proclamés par les institutions Européennes en matière de droits humains et les priorités géopolitiques effectivement poursuivies. Reste à savoir si cet appel à la fermeté trouvera écho dans les prochaines décisions de l’Union face à l’agression subie par la RDC.
Diddy MASTAKI