Le débat sur une éventuelle refonte de la Constitution en République Démocratique du Congo connaît un nouveau regain d’intensité, porté à la fois par des initiatives politiques et des prises de position religieuses de plus en plus affirmées. Au cœur de cette actualité, une proposition de loi sur le changement constitutionnel et l’intervention remarquée de Evariste Ejiba, président des Églises de Réveil du Congo.
Prenant position sur cette question sensible, le responsable religieux plaide pour une transformation en profondeur de la Loi fondamentale.
« La Constitution doit être changée parce que son origine remonte aux belligérants », a-t-il déclaré, remettant en cause les bases historiques du texte actuel.
Dans la même logique, il critique la démarche de révisions successives : « Elle a déjà été révisée une fois et nous ne voyons pas pourquoi aller de révision en révision », soutenant qu’une refonte globale serait plus cohérente qu’un ajustement progressif.
Au centre de son argumentaire figure la question de la légitimité populaire. « Le peuple, à ce moment-là, n’a pas été consulté pour se prononcer sur sa propre Constitution », a insisté Evariste Ejiba, appelant à un processus inclusif qui placerait les citoyens au cœur de la décision.
Cette prise de position intervient alors qu’une proposition de loi, attribuée au député national Paul-Gaspard Ngondankoy Nkoy-ea-Longoya, détaille les mécanismes d’un éventuel changement constitutionnel. Les dispositions contenues dans les articles 87 à 89 envisagent notamment la mise en place d’une instance d’experts chargée d’évaluer l’inadéquation de certaines règles constitutionnelles en cas de crise institutionnelle majeure.
Le texte prévoit également un processus structuré : consultations élargies des institutions et de la société civile, mise en place d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel direct, puis adoption d’un projet de nouvelle Constitution à une majorité qualifiée avant sa validation par référendum populaire.
Face à ce processus, le président des Églises de Réveil appelle à la responsabilité des acteurs politiques.
« Nous disons aux politiques : il ne faut pas agiter le peuple. Donnez vos idées », a-t-il lancé, prônant un débat apaisé et constructif.
Reconnaissant la pluralité des opinions, il rappelle néanmoins le principe démocratique de la majorité : « Si vous êtes contre le changement de la Constitution, c’est votre droit, mais vous subirez la loi de la majorité », a-t-il affirmé avec fermeté.
Enfin, il annonce l’implication des Églises dans l’éducation citoyenne autour de cette question : « Nous sommes prêts à sensibiliser le peuple pour comprendre qu’il nous faut une Constitution changée », a conclu Evariste Ejiba.
Dans un contexte où la question constitutionnelle reste hautement sensible, cette convergence entre initiatives législatives et mobilisation religieuse pourrait redéfinir les contours du débat national, en mettant au premier plan la participation citoyenne et la légitimité populaire.
Diddy Mastaki