Les gouvernements du Rwanda et de la République Démocratique du Congo ont paraphé mardi 18 juin le texte d'un accord de paix entre les deux pays, a annoncé le Département d'État Américain dans un communiqué conjoint. L'accord, qui sera signé lors d'une réunion ministérielle le 27 juin à Washington, comprend des dispositions relatives à l'intégrité territoriale et à l'interdiction des hostilités, au désengagement, au désarmement et à l'intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques.
Quelques heures après cette annonce, les acteurs politiques n’ont pas tardé à réagir. Le cas le plus récent est celui de Patrick Mundeke de l’opposition.
« Nous venons d’apprendre qu'aux États-Unis d'Amérique, le Congo et le Rwanda vont signer un accord de paix. Les talibans et les brouettes jubilent, mais en tant que politicien intellectuel, je dis non. La paix ? Elle est encore très, très loin. Si le Rwanda a ses griefs qu’il reproche au Congo et vice versa, le problème du Congo est avant tout interne. Prétendre résoudre cette crise sans mettre les Congolais autour d’une table, tous les Congolais, pas seulement ceux qui sont dans le M23, c’est comme aller puiser de l’eau au lac avec un tamis », pense ce proche collaborateur de Moïse Katumbi.
Patrick Mundeke ajoute que « Félix, qui signe la paix avec le Rwanda, pendant ce temps il met en prison papa Martin Kabwelulu car il veut traquer les mines de Kabila (veut-il vraiment la paix ?), il lance des gens pour spolier la ferme de Moïse Katumbi. Félix a trente (30) généraux Swahiliphones en prison à Kinshasa. Je me demande si les FARDC sont vraiment quelle armée où l'on peut prendre trente généraux et les jeter en prison sans qu'un de leurs collègues ne prenne ses responsabilités en tant que militaire. C'est quelle armée, ça ? », s’interroge ce jeune opposant.
Tout en saluant le travail fait par les États-Unis d'Amérique pour aboutir à cet accord de paix, Patrick Mundeke pense qu’il sera bâclé le président Congolais car pour arriver dans ce format il faut beaucoup de sagesse et de dépassement de soi.
« Prenons le point de l’intégration au cas par cas. Pour Félix, Kabila a fait infiltrer des étrangers dans l’armée, mais cela fait bientôt sept (07) ans, et Félix est incapable de montrer un seul militaire infiltré dans l’armée. Maintenant, les troupes du M23, qui sont à 90 % Swahiliphones, seront intégrées comment ? Surtout que Félix s’est arrogé le droit de mettre dans l’accord au cas par cas. Qui va définir ce cas par cas ?.
Pour conclure sa pensée, Patrick Mundeke propose un dialogue sincère entre congolais. Les USA doivent comprendre qu’il y a certes des problèmes exogènes, mais beaucoup plus endogènes.
« Il n’y aura pas de solutions si tous les Congolais ne se parlent pas ouvertement entre eux : le Président Kabila, Katumbi, Fayulu, Nanga. La CENCO doit être intégrée dans tout schéma sérieux pour rechercher la paix ; sans quoi, nous aurons encore des jours difficiles devant nous », a-t-il conclu.
Pacheco Kavundama