Face à une spirale de violence et de répression politique, l’ancien Président de la Cour suprême du Kenya, David Maraga, s’est exprimé dans un message fort adressé à la nation, dénonçant la dérive autoritaire du régime en place. Il appelle à une refondation du pays fondée sur le respect de la Constitution, l’écoute de la jeunesse et la responsabilité des institutions.
Alors que les récentes manifestations antigouvernementales ont été violemment réprimées, faisant plusieurs morts parmi les manifestants, Maraga dénonce ce qu’il qualifie de « militarisation du pouvoir contre les citoyens ». Selon lui, la jeunesse kényane, en majorité désarmée, ne faisait qu’exercer ses droits fondamentaux à la liberté d’expression et de rassemblement.
« Ces jeunes avaient de la valeur. Ils sont tombés en défendant un rêve : celui d’un Kenya plus juste, plus digne », indique-t-il.
Un diagnostic sans concession
Maraga s’inscrit en faux contre les discours officiels qui présentent la crise actuelle comme un choc générationnel ou identitaire. Il parle plutôt d’un effondrement de l’autorité morale de l’État. À ses yeux, les maux qui gangrènent le pays corruption, brutalités policières, crise économique, échec du système de santé et d’éducation découlent d’un leadership en déroute.
Et d'ajouter : « Ce n’est pas un conflit générationnel. C’est un naufrage éthique et institutionnel ».
Une proposition de sortie de crise en quatre points
Pour sortir de l’impasse, David Maraga propose un plan d’action structuré autour de quatre urgences nationales :
1. Écouter la jeunesse : Prendre en compte les frustrations et propositions des jeunes qui, depuis un an, portent à bout de bras les aspirations du pays au changement ;
2. Responsabiliser les institutions : Demander des comptes à la police, aux services de sécurité, au Parlement et aux autres organes censés garantir l’État de droit ;
3. Traduire les coupables en justice : Juger les auteurs des exactions commises sur les manifestants et les civils, ainsi que les responsables de destructions ;
4. Engager la responsabilité du président : Ouvrir un processus pour déterminer la part de responsabilité du chef de l’État, William Ruto, dans les violations graves de la Constitution.
Une campagne fondée sur la justice et la reconstruction
Candidat à la présidentielle de 2027, David Maraga ne cache pas son ambition : rétablir un Kenya de justice, de dignité et de prospérité. À travers son slogan « Reset, Restore, Rebuild », il se pose comme l’architecte d’un nouveau contrat social, enraciné dans l’intégrité, la légalité et l’écoute des citoyens.
« Ensemble, nous pouvons écrire un nouveau chapitre de notre histoire, avec comme encre notre courage moral », poursuit-il.
Avec une parole rare mais toujours mesurée, Maraga s’impose désormais comme la figure morale et républicaine d’une alternative politique crédible, dans un pays en quête de réconciliation et de refondation.
Diddy MASTAKI