La ministre congolaise de la Jeunesse, Grâce Kutino, a annoncé le jeudi 11 septembre le lancement des Consultations nationales de la jeunesse.
D’après les informations données par la ministre Kutino, cette rencontre sera un dispositif hybride combinant une plateforme en ligne permettant à chaque jeune de s’exprimer où qu’il se trouve et des rencontres physiques, organisées dans les provinces et au sein de la diaspora.
Cependant, cette initiative censée ouvrir un dialogue inédit avec la jeunesse congolaise, suscite déjà de vives critiques. Parmi les voix critiques les plus virulentes, figure Honoré Mvula, acteur politique réputé proche du régime.
Pour lui, ce processus n’a rien d’innovant : « En 2016, sous le ministre Denis Kambayi, la RDC avait déjà organisé des consultations nationales de la jeunesse dans plusieurs provinces. Ces rencontres avaient abouti aux États généraux de la jeunesse, qui ont produit des résolutions claires sur l’insertion professionnelle, la formation, l’entrepreneuriat et la participation citoyenne des jeunes », rappelle-t-il.
Selon Honoré Mvula, le véritable problème n’est pas l’absence de consultations mais le manque d’application des résolutions déjà existantes. « Relancer aujourd’hui de nouvelles consultations revient à réinventer la roue, à mobiliser encore des fonds publics pour répéter des discussions déjà tenues, sans impact réel pour les jeunes », martèle-t-il.
Les critiques portent moins sur le principe du dialogue que sur la pertinence d’un exercice jugé répétitif et budgétivore. Pour Honoré Mvula, ce que la jeunesse congolaise attend, ce ne sont pas des cérémonies solennelles mais des mesures tangibles : programmes d’emploi, accès au financement, soutien à l’entrepreneuriat et accompagnement éducatif.
« Encore faut-il que ceux qui en ont la charge cessent les distractions et s’attaquent aux vrais défis », insiste le jeune politicien, soulignant au passage la lassitude d’une génération qui a déjà vu défiler plusieurs initiatives sans impact concret.
En misant sur un dispositif inédit, en ligne et sur le terrain, Grâce Kutino espère donner une nouvelle dynamique à son ministère. La ministre de la jeunesse devra de ce fait convaincre que ces nouvelles consultations ne sont pas qu’un énième exercice de communication politique, mais un pas réel vers la mise en œuvre des réformes tant attendues par les jeunes Congolais.
Rédaction