Dans une tribune publiée ce 21 septembre 2025, Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur de la République Démocratique du Congo (RDC), établit un parallèle saisissant entre l’histoire contemporaine de l’Égypte et celle de son pays. Deux nations Africaines puissantes, traversées par des fleuves symboliques le Nil et le Congo et marquées par des périodes de guerre, de centralisation du pouvoir et de douloureuses transitions politiques.
Les tragédies politiques comparées
Julien Paluku rappelle qu’en Égypte, Gamal Abdel Nasser et Anouar el-Sadate ont marqué l’ère des turbulences. Le second, artisan d’un rapprochement historique avec Israël, fut assassiné en octobre 1981 par un militaire extrémiste lors d’un défilé. La RDC, quant à elle, connut un destin semblable : après les décennies du maréchal Mobutu, Laurent-Désiré Kabila fut assassiné en 2001 dans son bureau par un jeune soldat de sa propre garde. Deux assassinats emblématiques de la fragilité des transitions politiques en Afrique.
De la guerre à la paix : le précédent égyptien
L’Égypte vécut la guerre du Kippour en 1973, lorsque ses troupes, aux côtés de la Syrie, attaquèrent Israël. Ce conflit ouvrit paradoxalement la voie à la paix. Avec la médiation de Jimmy Carter, Sadate se rendit à Jérusalem en 1977 et, l’année suivante, signa avec Menahem Begin les accords de Camp David, qui aboutirent au retrait israélien du Sinaï. Julien Paluku souligne que cette paix valut à Sadate et Begin le prix Nobel, mais coûta la vie au Président Égyptien, abattu par des extrémistes.
La longue marche congolaise vers la paix
Pour la RDC, poursuit le ministre, la quête de stabilité est jalonnée d’accords : Lusaka (1999), Sun City (2002), Naïrobi et Ngurdoto (2007), Addis-Abeba (2013), jusqu’aux plus récents engagements de Washington et Doha (2025).
« Ces accords, bien que fragiles, montrent la détermination de notre peuple à rechercher des solutions politiques aux conflits », écrit-il, avant de noter que, comme pour l’Égypte en son temps, les États-Unis paraissent aujourd’hui plus impliqués.
Message d’espérance
Pour Julien Paluku, l’expérience Égyptienne prouve qu’aucune guerre n’est éternelle : « De la guerre à l’espoir, il existe un chemin. Ce chemin, la RDC doit l’emprunter avec unité nationale, vigilance citoyenne et accompagnement résolu du leadership engagé en faveur de la paix ».
En appelant les Congolais à soutenir les efforts du Président Félix Tshisekedi pour mettre fin aux ingérences et aux pillages, le ministre conclut sa tribune par une note d’optimisme : la paix en RDC, loin d’être un rêve lointain, est une promesse réaliste si le pays s’inspire des leçons de l’histoire comparée.
Diddy MASTAKI