Un nouveau massacre attribué aux rebelles ADF a endeuillé le Nord-Kivu ce week-end. Dix-sept personnes ont été tuées au centre de santé de Byambwe, près de Butembo, dont onze jeunes femmes hospitalisées à la maternité. Selon plusieurs sources locales, certaines victimes auraient été égorgées dans leur lit d’hôpital.
Le Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, a vivement réagi à ces atrocités. Dans un message publié ce lundi, le gynécologue-obstétricien s’est dit « horrifié » par l’assassinat de jeunes mères qui allaitaient leurs bébés.
Il affirme : « S’attaquer à des femmes qui ont donné la vie est le pire des crimes que l’on puisse commettre, et s’apparente à une volonté planifiée non seulement de terroriser la population, mais de détruire en tout ou en partie une communauté ».
Le Dr Mukwege appelle la communauté internationale à ne plus « tolérer le génocide silencieux des Congolais » et réclame des actions urgentes pour protéger les civils et poursuivre les auteurs de ces massacres.
Réaction du Rwanda
La communication du Dr Mukwege a suscité une réponse de Kigali. Le ministre Rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhingirehe, a déclaré que les assaillants étaient « bien connus », évoquant explicitement les terroristes ADF, un groupe d’origine Ougandaise actif dans cette partie de la RDC.
Il estime surprenant que le Dr Mukwege n’ait pas mentionné les ADF dans son message de condamnation : « Il est étonnant de constater que le Dr Denis Mukwege, dont l’objectif était d’atteindre une audience internationale, ait « oublié » de le préciser dans le long message de condamnation qu’il a soigneusement préparé ».
Un climat d’insécurité persistant
Ce nouveau massacre survient alors que le Nord-Kivu reste confronté à une insécurité aiguë entretenue par plusieurs groupes armés, dont les ADF, responsables de centaines d'attaques contre les populations civiles depuis plusieurs années.
Diddy MASTAKI