Les gouvernements de la République Démocratique du Congo (RDC) et de la République du Rwanda ont signé un accord de paix historique à Washington le 27 juin 2025, sous l'égide des États-Unis d'Amérique. Cet accord, fondé sur le respect mutuel de la souveraineté et l'intégrité territoriale, vise à mettre un terme définitif aux différends et à instaurer une ère de stabilité et de prospérité économique partagée dans la région des Grands-Lacs.
L'accord repose sur trois axes principaux : la sécurité, l'établissement de mécanismes de coordination et l'intégration économique.
1. Sécurité et fin des hostilités
L'engagement central est le respect absolu de l'intégrité territoriale de chaque pays. Pour y parvenir, les parties s'engagent à :
- Neutraliser les FDLR : Mettre en œuvre le plan (CONOPS) visant la neutralisation des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) par la RDC et le désengagement des forces/levée des mesures défensives par le Rwanda ;
- Interdire tout soutien aux groupes armés : les deux États doivent cesser immédiatement tout appui, direct ou indirect, aux groupes armés non étatiques et veiller à ce qu'aucune activité hostile ne soit menée depuis ou à partir de leur territoire ;
- Soutenir le DDR : Appuyer les négociations en cours entre la RDC et l'AFC/M23 et les efforts de Désarmement, Démobilisation, Réintégration (P-DDRCS) pour tous les combattants ;
2. Mécanismes de Coordination et Surveillance
Pour garantir la transparence et l'efficacité des mesures de sécurité, deux structures majeures sont établies :
- Mécanisme Conjoint de Coordination de la Sécurité (JSCM) : Créé sous 30 jours, il est chargé d'échanger des renseignements et de coordonner l'identification, la localisation et la neutralisation des FDLR et des groupes affiliés. Les États-Unis d'Amérique et le Qatar sont invités à y participer ;
- Comité de surveillance conjointe : Instance suprême pour la mise en œuvre de l'Accord. Il est mandaté pour recevoir les plaintes, résoudre les différends et surveiller les violations. Il inclura des facilitateurs internationaux (Union Africaine, Qatar, États-Unis d'Amérique).
3. Intégration Économique et Humanitaire
L'accord lie étroitement paix et prospérité en prévoyant un Cadre d'Intégration Économique Régionale sous trois mois.
L'objectif est de :
- Formaliser les chaînes d'approvisionnement : Introduire une plus grande transparence dans la filière des minerais critiques, en établissant des chaînes de valeur formelles et transparentes (de la mine au métal transformé) pour bloquer les circuits illicites ;
- Coopération Bilatérale : Développer des projets conjoints dans des domaines comme l'hydroélectricité et la gestion des parcs nationaux ;
- Aide Humanitaire : Faciliter le retour sûr et volontaire des réfugiés et des déplacés internes, et garantir un accès total et sans entrave des agences humanitaires aux populations vulnérables.
Entré en vigueur dès sa signature, cet accord historique signale la volonté politique des deux parties de privilégier une solution négociée plutôt qu'une solution militaire aux conflits. Le succès futur de l'accord dépendra de la mise en œuvre rigoureuse du plan de neutralisation des groupes armés et de l'efficacité du nouveau régime de transparence économique.
Gloiredo Ngise