Dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le député national de l’opposition Gracien Iracan appelle à une réorganisation profonde de la communication autour des opérations militaires en cours.
Dans une prise de position rendue publique, l’élu estime que la communication directe de l’armée sur le terrain devrait être suspendue, au regard de la sensibilité stratégique des informations diffusées en période de conflit.
« Dans le contexte sécuritaire actuel, le Président de la République devrait décider de suspendre toute communication directe de l’armée sur les opérations militaires en cours », soutient Gracien Iracan.
Selon lui, la diffusion d’informations militaires non centralisées comporte des risques majeurs, tant pour la sécurité des troupes engagées que pour la crédibilité de l’État Congolais face à l’opinion nationale et internationale.
Une communication jugée trop exposée
Le député insiste sur le fait que toute communication liée aux opérations militaires doit être strictement encadrée au niveau stratégique, afin d’éviter les contradictions, les fuites d’informations sensibles ou l’exploitation de ces données par des forces hostiles.
Dans les cas jugés urgents ou nécessitant une information du public, Gracien Iracan recommande que seul le Gouvernement, par le biais de canaux civils appropriés, soit habilité à s’exprimer.
« Cela permettrait de préserver la cohérence de l’État, la crédibilité nationale et surtout la sécurité des opérations », souligne-t-il.
Un débat sensible en pleine guerre
Cette proposition intervient alors que les forces armées Congolaises sont engagées dans de violents combats, notamment au Nord et Sud-Kivu, face aux groupes armés soutenus de l’extérieur. La communication militaire est devenue un enjeu central, à la fois pour le moral des populations, la transparence de l’action publique et la guerre de l’information.
En filigrane, la sortie de Gracien Iracan relance le débat sur l’équilibre délicat entre le droit à l’information et les impératifs de sécurité nationale, dans un pays confronté à une guerre multidimensionnelle où l’information est devenue une arme à part entière.
Pour l’élu de l’opposition, la discipline communicationnelle est désormais une composante essentielle de l’effort de guerre, au même titre que les opérations sur le terrain.
Diddy Mastaki