Soixante-cinq (65) ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, père de l’indépendance congolaise et premier Premier ministre de la République Démocratique du Congo, la Nation continue de porter les stigmates d’un crime qui a profondément marqué son destin. À l’occasion de cet anniversaire sombre, le Dr Denis Mukwege a livré une réflexion grave et lucide sur la portée historique, politique et morale de cette tragédie fondatrice.
Selon le Prix Nobel de la paix, l’assassinat de Lumumba, suivi de la tentative systématique de son effacement politique, a constitué la brisure inaugurale des espoirs d’un peuple qui aspirait à la liberté, à la dignité et à la démocratie au lendemain de l’indépendance. Ce crime, loin d’être un simple épisode du passé, demeure une injustice géopolitique majeure dont les répercussions continuent de peser sur la trajectoire de l’État Congolais.
Pour Denis Mukwege, la RDC ne s’est jamais totalement relevée de cette élimination brutale d’un leadership visionnaire. L’affaiblissement durable des institutions, la fragilité de la souveraineté nationale, la récurrence des violences et l’incapacité persistante à garantir pleinement les droits fondamentaux des citoyens trouvent en partie leur origine dans ce moment de rupture historique.
« L’impact de ce crime se fait encore sentir aujourd’hui », souligne-t-il, rappelant que le Congo peine toujours à prendre sa place légitime dans le concert des Nations, malgré son immense potentiel humain, culturel et naturel. L’élimination de Lumumba n’a pas seulement privé le pays d’un homme, elle a compromis l’émergence d’un projet national authentiquement porté par la volonté populaire.
En rendant hommage à Patrice Emery Lumumba, le Dr Mukwege appelle les Congolaises et les Congolais à revitaliser son héritage politique, fondé sur la souveraineté réelle, la justice sociale, l’unité nationale et la dignité africaine. Il invite à dépasser la commémoration symbolique pour transformer la mémoire en engagement collectif, au service d’un État de droit fort et d’une démocratie réelle.
Soixante-cinq (65) ans après, Lumumba demeure une conscience vivante, un repère moral et politique pour les générations présentes et futures. Honorer sa lutte, c’est refuser l’oubli, dénoncer l’injustice et œuvrer résolument à la construction d’un Congo plus beau qu’avant, fidèle aux idéaux pour lesquels il a donné sa vie.
Diddy Mastaki