Le projet STAR-RDC s’est dit satisfait des résultats issus du dialogue fiscal tenu à Bunia, Chef-lieu de la province, estimant que les objectifs assignés à ces assises ont été atteints grâce à la participation active des différents acteurs publics et privés.
À l’issue des travaux, le coordonnateur provincial du projet, Steve Sengida, a souligné que les échanges ont permis d’identifier clairement les principaux obstacles qui freinent la mobilisation des recettes provinciales, tout en favorisant une meilleure compréhension entre les services fiscaux et les opérateurs économiques.
Selon lui, ces assises ont constitué un cadre d’échanges francs entre les services d’assiette, la DGRPI, les autorités des entités territoriales décentralisées, les experts en finances publiques ainsi que les partenaires économiques.
« Nous avons vécu des moments forts, avec des diagnostics parfois sévères, mais surtout une grande réceptivité de toutes les parties prenantes », a-t-il indiqué.
Il a ajouté que plusieurs faiblesses ont été mises en évidence, notamment la mauvaise interprétation des textes fiscaux, leur faible vulgarisation ainsi que certaines pratiques administratives jugées contraignantes pour les contribuables.
Des recommandations transmises à l’autorité provinciale
Le projet STAR-RDC précise que l’ensemble des recommandations issues de ces travaux a été transmis à l’autorité provinciale pour suite utile. Celles-ci visent notamment à améliorer la gouvernance fiscale et renforcer la mobilisation des recettes publiques.
Dans la foulée, le projet annonce le lancement imminent d’une grande campagne de sensibilisation au civisme fiscal, destinée aux opérateurs économiques et aux contribuables de la province.
« Nous allons accompagner la vulgarisation des textes fiscaux et renforcer la compréhension des obligations fiscales afin d’améliorer les performances des régies financières », a expliqué Steve Sengida.
Le programme prévoit également la numérisation progressive du circuit de perception des recettes de la DGRPI, précédée d’un diagnostic organisationnel approfondi.
Des défis structurels encore persistants
Les participants ont identifié plusieurs défis majeurs, notamment la faiblesse de la vulgarisation des lois fiscales, les divergences d’interprétation entre les services concernés et les opérateurs économiques, ainsi que certaines insuffisances dans la formation des agents.
Malgré ces constats, les parties prenantes ont reconnu la nécessité d’une collaboration renforcée pour améliorer le climat fiscal en province.
Réactions des acteurs économiques : entre satisfaction et attente
Du côté des opérateurs économiques, les impressions sont globalement positives. Un représentant de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a salué la tenue de ces assises, estimant qu’elles ont permis de lever plusieurs incompréhensions persistantes.
Selon lui, les discussions ont contribué à clarifier les textes fiscaux et à améliorer la compréhension des responsabilités de chaque partie.
« Nous avons enfin compris ce que chaque acteur doit faire. Ces échanges nous permettent désormais de travailler dans une meilleure harmonie avec l’administration fiscale », a-t-il confié.
Cependant, cet acteur économique insiste sur la nécessité de créer un mécanisme de suivi. Pour lui, sans un comité de suivi, les résolutions issues de ces rencontres risquent de ne pas être appliquées efficacement.
Les citoyens saluent une initiative, mais restent prudents
Dans la population, les réactions traduisent à la fois un espoir et une certaine prudence. Certains citoyens interrogés estiment que ces dialogues sont importants pour améliorer la transparence fiscale et renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables.
Un habitant de Bunia affirme que ce type d’initiative peut contribuer à réduire les tensions entre commerçants et services fiscaux.
« Si les règles sont bien expliquées et appliquées de manière juste, cela peut nous aider à mieux travailler sans pression inutile », explique-t-il.
D’autres citoyens, notamment des petits commerçants, appellent cependant à plus de clarté et à la fin de certaines pratiques jugées floues dans la perception des taxes.
« Nous voulons simplement comprendre clairement ce que nous devons payer et à qui. Parfois, il y a trop d’interprétations différentes », regrette une vendeuse du marché central.
Vers une réforme du système de perception
Les experts ayant pris part aux travaux insistent sur la nécessité d’harmoniser l’interprétation des textes fiscaux entre les services provinciaux et le pouvoir central. Ils rappellent que la fiscalité repose uniquement sur la loi et que toute ambiguïté doit être levée pour éviter les conflits de compétence.
Ils recommandent également la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les différentes parties prenantes afin d’assurer une meilleure coordination et une transparence accrue dans la gestion des recettes publiques.
Une nouvelle dynamique attendue
Avec les recommandations formulées et les engagements pris, les acteurs espèrent désormais une amélioration concrète du système fiscal provincial. Le projet STAR-RDC promet de poursuivre son accompagnement technique afin de renforcer les capacités des services concernés et d’améliorer la gouvernance financière.
Il esta noter que, ces réformes sont perçues comme une étape importante vers une gestion plus efficace et plus transparente des finances publiques en province.
Joël Heri Budjo