Le climat politique demeure particulièrement tendu au Nord-Kivu, où les divergences entre le gouverneur militaire, le Général-Major Somo Kakule Evariste, et le député national Crispin Mbindule Mitono continuent de s’intensifier sur fond d’accusations croisées et de guerre de communication.
Alors qu’une correspondance attribuée au gouvernorat militaire circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, évoquant des demandes d’investigations visant l’élu de Butembo, le débat s’est désormais déplacé sur la scène médiatique nationale, notamment à Kinshasa.
Invité sur le plateau de Télé 50, Elia Mathe s'invite dans la bataille. Il a publiquement accusé Crispin Mbindule d’entretenir des liens avec l’ex-rébellion du CNDP/M23, tout en l’associant à une supposée campagne de déstabilisation contre les autorités provinciales sous état de siège. Il a également évoqué de présumés intérêts autour de l’exploitation des ressources minières du Nord-Kivu, dans une intervention qui a rapidement suscité des réactions dans les milieux politiques et sécuritaires.
Selon les déclarations faites au cours de cette émission, le député national aurait notamment exercé comme conseiller à Goma auprès d’un ancien ministre provincial issu du CNDP de Laurent Nkunda entre 2009 et 2011. Des affirmations qui viennent raviver les clivages politiques dans une province déjà fragilisée par l’insécurité persistante et les tensions liées au conflit du M23.
À ce stade, aucune preuve officielle ou judiciaire n’a toutefois été rendue publique pour confirmer les accusations portées contre le député national. De son côté, Crispin Mbindule poursuit ses critiques à l’égard de la gouvernance sécuritaire du Nord-Kivu sous administration militaire, dénonçant régulièrement ce qu’il considère comme des insuffisances dans la gestion de la crise sécuritaire.
Cette escalade verbale intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la résurgence des violences armées dans l’Est de la RDC, les débats autour de l’état de siège ainsi que les rivalités d’influence entre acteurs politiques et militaires.
Plusieurs observateurs redoutent désormais que cette confrontation publique entre autorités civiles et militaires ne contribue à accentuer davantage les fractures politiques dans une province confrontée à de multiples défis sécuritaires bien que jusqu'à présent l'élu de Butembo se réserve de tout commentaire.
Diddy Mastaki