La République Démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance publique. Sur instruction du président de la République et sous la supervision de la Première ministre, le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a procédé, le jeudi 25 juin 2026, au lancement officiel du Centre des services partagés du Système intégré de gestion des marchés publics (SIGMAP). Cette structure est présentée comme un levier majeur de transformation et de modernisation de la commande publique.
Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère du Budget, le SIGMAP est une plateforme numérique destinée à automatiser l’ensemble des procédures de passation des marchés publics. Avec la mise en place de ce centre, le gouvernement ambitionne de réduire les délais de traitement, de renforcer la traçabilité des opérations et de produire automatiquement des données statistiques fiables sur la gestion des marchés publics.
Conçu comme un dispositif hybride, à la fois physique et numérique, le Centre des services partagés matérialise une réforme structurelle engagée depuis plusieurs années. Depuis son déploiement progressif, le système affiche déjà des résultats jugés significatifs, avec plus de 500 plans de passation de marchés traités automatiquement et plus de 170 avis d’appel d’offres publiés.
Prenant la parole lors de la cérémonie, Adolphe Muzito a salué l’aboutissement d’un processus destiné à ancrer la transparence et l’efficacité au cœur de l’action publique.
« Je prends la parole ce jour à l’occasion du lancement officiel des activités du Centre des services partagés. Il s’agit d’une étape majeure dans la mise en œuvre du Système intégré de gestion des marchés publics, lancé le 29 août 2022 par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à qui je rends hommage pour sa vision d’une commande publique moderne, performante, transparente et résolument tournée vers le numérique », a-t-il déclaré.
Le Vice-Premier ministre a insisté sur la portée de cette réforme, qui vise à améliorer la gestion des ressources publiques et à renforcer la confiance des citoyens ainsi que celle des opérateurs économiques.
« Cette réforme vise à garantir une gestion efficiente des ressources publiques, à renforcer la transparence dans les procédures de passation des marchés et à accroître la confiance des citoyens, des opérateurs économiques et des partenaires dans les institutions de la République Démocratique du Congo », a-t-il souligné.
Selon lui, le SIGMAP dépasse le cadre d’un simple outil numérique. Il constitue un véritable levier de transformation administrative, permettant de digitaliser les cycles de passation, de contrôle et de suivi des marchés publics.
Placée sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, la nouvelle structure aura pour mission d’accompagner les administrations publiques à travers l’assistance technique, le soutien opérationnel et le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la gestion des marchés publics. Cette réforme vise également à consolider la discipline budgétaire et à améliorer la qualité de la dépense publique.
Dans une perspective de digitalisation accrue, le gouvernement entend s’appuyer sur le SIGMAP pour constituer une base de données centralisée et fiable des marchés publics.
« Grâce à ces dispositifs, nous créons les conditions nécessaires à une appropriation efficace du système par l’ensemble des parties prenantes, conditions indispensables au succès de cette réforme », a ajouté Adolphe Muzito.
Pour les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, qui accompagne ce projet, le lancement du Centre des services partagés marque l’aboutissement d’un engagement de long terme en faveur de la modernisation de la gestion publique.
Ces partenaires rappellent que les marchés publics représentent une part importante des dépenses de l’État et constituent un levier essentiel de croissance économique, d’amélioration des services publics et d’implication du secteur privé dans le développement national. Ils soulignent toutefois que l’opacité et les inefficiences dans leur gestion limitent encore l’impact des politiques publiques.
Dans ce contexte, la pleine opérationnalisation du SIGMAP apparaît comme un instrument clé pour renforcer la transparence, améliorer la gouvernance et soutenir un développement économique plus efficace et inclusif en République Démocratique du Congo.
Gloire Malumba