La ministre Congolaise de la Jeunesse, Grâce Kutino, a lancé un plaidoyer en faveur de la révision de la Constitution, affirmant porter la voix de la jeunesse congolaise après plusieurs semaines de consultations organisées dans les 26 provinces ainsi qu'au sein de la diaspora. Dans un message de sensibilisation, elle a annoncé la remise prochaine au président Félix Tshisekedi d'un « cahier des charges de la jeunesse congolaise », tout en appelant les jeunes à participer à une marche citoyenne le 12 août 2026.
Selon la ministre, cette démarche est le résultat d'une vaste consultation impliquant le Conseil national de la jeunesse, les conseils provinciaux, les plateformes de jeunes ainsi que des représentants des confessions religieuses, de la société civile, des partis politiques, des artistes, des sportifs, des entrepreneurs, des étudiants, des humoristes et de la diaspora.
« De cette vaste consultation est né le cahier des charges de la jeunesse Congolaise. Ce cahier des charges que je porte aujourd'hui devant la Nation et que je remettrai en votre nom au président de la République », a souligné la ministre de la jeunesse, Grâce Kutino dans son message de sensibilisation à la révision constitutionnelle.
« Nous sommes déjà le présent »
Au cœur de son argumentaire, Grâce Kutino met en avant le poids démographique et économique de la jeunesse Congolaise.
« Nous représentons plus de 66 % de la population Congolaise. Mais pourtant, nous n'occupons qu'environ 10 % des postes de responsabilité dans les institutions publiques. Cette réalité doit changer », expliqué la ministre.
Elle souligne également l'apport économique des jeunes, affirmant que plus de 80 % des jeunes actifs évoluent dans le secteur privé et informel, contribuant à plus de 40 % du produit intérieur brut, tandis que la diaspora injecterait près de deux milliards de dollars chaque année dans l'économie nationale.
« Nous ne sommes pas seulement l'avenir de l'Afrique, nous sommes déjà le présent », s'exclame Grâce Kutino.
Une Constitution jugée insuffisante pour la jeunesse
La ministre estime que la Constitution actuelle ne reconnaît pas suffisamment le rôle politique de la jeunesse. Évoquant l'article 40, elle rappelle qu'il impose aux pouvoirs publics le devoir de protéger les jeunes, tout en jugeant cette disposition limitée.
« Elle nous présente d'abord comme une catégorie à protéger sans nous reconnaître pleinement comme une force de proposition, d'innovation, de gouvernance, mais surtout de décision », poursuit-elle.
Selon elle, la jeunesse ne demande plus uniquement une protection institutionnelle.
« La jeunesse Congolaise ne demande plus seulement à être protégée. Elle demande à être associée, responsabilisée, pleinement intégrée dans la conduite des affaires publiques », soutient Grâce Kutino au nom de la jeunesse Congolaise.
L'exemple de la parité hommes-femmes
Pour justifier son plaidoyer, Grâce Kutino s'appuie sur l'évolution constitutionnelle ayant consacré la promotion de la femme.
« Si notre République a su reconnaître la nécessité de renforcer la représentation des femmes, pourquoi ne pourrait-elle pas, avec la même ambition, reconnaître une place plus importante à sa jeunesse qui représente plus des deux tiers de la population ? », insiste-t-elle.
Elle réclame notamment une présence accrue des jeunes dans les institutions publiques, les assemblées délibérantes, l'administration ainsi que dans les entreprises publiques et privées, accompagnée de mécanismes permanents garantissant leur participation à la prise de décision.
« Oui, je le veux »
La ministre inscrit cette revendication dans une campagne baptisée « Oui, je le veux », présentée comme un soutien à une Constitution qu'elle souhaite plus inclusive.
« Ce "Oui" n'est pas un slogan vide. C'est celui d'une jeunesse qui croit qu'une Constitution peut évoluer pour mieux répondre aux réalités de son temps », précise la ministre de la jeunesse.
Elle affirme souhaiter une loi fondamentale qui continue de protéger les jeunes, mais qui leur reconnaisse également un rôle accru dans la gouvernance et la prise de décision.
Une marche nationale annoncée le 12 août
Grâce Kutino a enfin appelé la jeunesse congolaise à une marche citoyenne prévue le 12 août 2026 à Kinshasa, à partir de 9 heures, de la Première Rue jusqu'au Centre culturel.
« Cette marche sera pacifique, patriotique, responsable mais surtout disciplinée. Elle portera un objectif précis : que la Nation entière entende ce que sa jeunesse veut », a-t-elle dit.
S'adressant directement au président Félix Tshisekedi, elle a déclaré que la jeunesse ne venait pas réclamer des privilèges mais davantage de responsabilités.
« Aujourd'hui, cette jeunesse vous répond présente. Elle ne vient pas demander des privilèges, elle vient demander une plus grande responsabilité », chute Grâce Kutino.
En conclusion, la ministre a annoncé son intention de remettre officiellement au chef de l'État le cahier des charges élaboré lors des consultations nationales, estimant que « la République se construit lorsque sa jeunesse est écoutée, associée et responsabilisée ».
Elle a appelé les jeunes de l'intérieur du pays comme de la diaspora à se mobiliser pour défendre une République qu'elle souhaite « plus inclusive » et « mieux représentative de sa jeunesse ».
Diddy Mastaki