Treize chantiers cités, aucun montant annoncé. Le 29 octobre devant l'Assemblée nationale, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a déroulé la liste des investissements en cours, mais sans jamais en préciser le coût. Pour les députés qui devront examiner le texte, la question du financement reste entière.
Beaucoup de projets n'en sont encore qu'au stade des études ou de la contractualisation. À Lisala, Bumba et Bongandanga, les études de voirie sont achevées, la contractualisation est en cours de finalisation et les travaux doivent démarrer avant la fin 2026. Le pont entre Lisala et Bongandanga, dont la Première ministre dit avoir « instruit » la construction lors de son passage, n'est qu'au stade des études, pour un démarrage annoncé en 2027.
Même constat pour les routes nationales RN8 (Mbandaka-Boende) et RN9 (Mbandaka-frontière du Maï-Ndombe) : la contractualisation est en cours, sans montant ni calendrier. Quant à la route en béton du corridor Zongo, Gemena, Akula, Lisala, Bumba, Bunduki, c'est l'ouvrage le plus ambitieux, mais les travaux ne commenceront qu'au premier semestre 2027, une fois les partenaires sélectionnés. Ce tracé s'inscrit dans le Schéma national d'aménagement du territoire, dont l'approbation est visée en février 2027.
Seuls quelques chantiers sont déjà sur le terrain : l'Université de Mbandaka, le siège de l'Assemblée provinciale, la voirie urbaine de Mbandaka (deux tronçons de 10 et 25 kilomètres) et les travaux antiérosifs de Kungu et Budjala, dans le Sud-Ubangi. À Kinshasa et dans les Kasaï figurent notamment la Rocade, la voirie en chaussée rigide et le bitumage de la RN1.
Le bilan du Programme de développement local des 145 territoires affiche 1 098 projets achevés : 649 écoles, 371 centres de santé et 78 bâtiments administratifs. Mais un seul taux d'exécution provincial est donné, celui de la Mongala, à 80 %. Impossible, dès lors, de comparer l'avancement des autres provinces.
Huit des treize chantiers se situent dans l'ancien Équateur, une région longtemps absente des énumérations budgétaires. Cette précision nouvelle offre aux députés une base concrète pour exiger coûts, échéances et sources de financement lors de l'examen du texte.
Gloiredo Ngise