RDC : Les autorités invitées à investir dans l’armée pour faire face aux problèmes de sécurité
Un député national et une sénatrice ont appelé tour à tour les autorités nationales à investir dans les forces armées congolaises afin de surmonter les problèmes de sécurité qui secouent l’est du pays depuis plusieurs années.
Alors que la présidence de la République a annoncé que le président congolais Félix Tshisekedi a pris part jeudi à Nairobi (Kenya), au mini-sommet régional sur la sécurité en République démocratique du Congo, une réunion à laquelle ont participé les chefs d’Etat kenyan, burundais, ougandais, Congolais et du Rwanda (représenté), plusieurs politiques congolais sont réticents, surtout après qu’il a été rapporté que ces dirigeants se sont engagés à mettre en commun leurs forces afin de mettre un terme définitif à l’activisme des groupes armés locaux en RDC.
L’une des personnalités réticentes est la sénatrice Francine Muyumba. Cette cadre de la formation de l’opposition du Front commun pour le Congo de l’ancien président Joseph Kabila, a appelé dans un court message Kinshasa à investir plutôt dans les FARDC.
« Je crois fermement en la capacité de nos militaires à relever les défis sécuritaires. Personne ne le fera mieux que nous. Faisons des partenariats sérieux avec ceux qui n’ont aucun conflit d’intérêt avec la RDC. C’est encore possible », a interpellé la sénatrice.
Juvenal Munubo est du même avis. L’élu national de l’UNC et membre de l’Union Sacrée de la Nation a dit avoir des réserves sur l’idée d’une force régionale ou d’interventions étrangères. « Nous savons que ces pays ont des intérêts au Congo. Je pense que la solution est d’investir dans les FARDC, plus de moyens et de motivation pour les militaires », a-t-il expliqué, rappelant que l’embargo sur les armes ne concerne pas le gouvernement de la RDC depuis 2008 mais plutôt les groupes armés.
« Je n’encourage pas vraiment les rencontres directes entre les dirigeants de la région et les groupes armés, qui ressemblent beaucoup à des négociations », a également déclaré Juvenal Munubo.
Notons qu’au moment où ces deux représentants nationaux font ces réflexions, une rencontre entre le président de la République Félix Tshisekedi et les représentants d’une dizaine de groupes armés opérant en RDC est prévue dans la capitale kenyane. Cependant, plusieurs sources concordantes indiquent que tout porte à croire que cette rencontre n’aura pas lieu en raison de problèmes logistiques.
Cette information est partiellement confirmée par des sources officielles. Notamment la deuxième porte-parole du président de la République, Tina Salama. Cette dernière a déclaré que le président Félix Tshisekedi ne recevra pas les représentants des groupes ce vendredi à Nairobi. « Une équipe congolaise restera à Nairobi sous la direction du président Uhuru Kenyata pour mener à bien le processus. Des problèmes logistiques notamment… », a-t-elle précisé.