Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a renforcé, au cours du premier semestre 2026, ses interventions humanitaires dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, confrontées à la persistance des violences armées, aux déplacements de populations et à la dégradation des conditions de vie, selon les faits et chiffres publiés par l’organisation humanitaire.
Entre janvier et juin 2026, le CICR indique avoir poursuivi ses actions en faveur des populations affectées par les conflits et autres situations de violence, dans un contexte marqué également par l’apparition de la maladie à virus Ebola en Ituri en mai 2026. Cette situation sanitaire est venue se superposer à une crise humanitaire déjà caractérisée par l’insécurité, les mouvements de populations et la vulnérabilité accrue des communautés.
Plus de 367 000 personnes bénéficient d’un accès continu à l’eau
Dans le secteur de l’eau et des services essentiels, 367 510 personnes ont bénéficié de la continuité de l’approvisionnement en eau potable grâce notamment à la réhabilitation du point de captage d’eau de la rivière Mulongwe, qui alimente la REGIDESO, ainsi qu’à une assistance d’urgence en produits chimiques fournie à la REGIDESO à Uvira, au Sud-Kivu.
Par ailleurs, 83 344 personnes vivant notamment à Tongo, Malehe et Rutshuru au Nord-Kivu, ainsi qu’à Bulongo, Kalehe Littoral, Walu, Iga-Barrière et Konge en Ituri, ont bénéficié d’un meilleur accès à l’eau potable grâce à la construction, la réhabilitation et l’extension d’infrastructures d’approvisionnement en eau.
En Ituri, le CICR a également fourni un groupe électrogène à la REGIDESO d’Irumu-Centre afin de contribuer à la continuité de la production et de la distribution d’eau.
Au total, 456 154 personnes dans les trois provinces de l’Est ont bénéficié des activités du CICR dans les domaines de l’eau, de l’énergie et de la santé.
Des milliers de patients pris en charge
Sur le plan sanitaire, les interventions ont également concerné les victimes des violences armées et les communautés vulnérables. 1 771 blessés par arme ont été admis et pris en charge dans les cinq hôpitaux soutenus par le CICR. L’organisation a également fourni des sets de stabilisation à 29 structures de santé, comprenant des médicaments et des consommables médicaux destinés aux soins gratuits des blessés par arme.
Dans les structures sanitaires soutenues, 116 166 consultations curatives, 29 829 consultations pour vaccination, 25 781 consultations prénatales et 5 981 accouchements ont notamment été enregistrés au cours de la période.
L’assistance a également porté sur la santé mentale et le soutien psychosocial. Le CICR fait état de 1 441 consultations individuelles au profit notamment des blessés par arme, des personnes utilisant les services de réadaptation physique et des victimes d’incidents graves, dont les violences sexuelles. 687 victimes de violences sexuelles ont reçu une prise en charge médicale et psychosociale dans les structures soutenues.
Des actions face à l’épidémie d’Ebola en Ituri
L’apparition de la maladie à virus Ebola en Ituri en mai 2026 a ajouté une nouvelle dimension aux besoins humanitaires dans la province. Le CICR précise avoir soutenu la Croix-Rouge de la RDC dans ses activités, notamment dans la riposte contre la MVE. Ses actions de sensibilisation ont également intégré la prévention liée à Ebola.
Selon le document, des volontaires de la Croix-Rouge de la RDC ont notamment participé à des activités de sensibilisation communautaire sur les risques liés à la maladie à virus Ebola et les mesures de prévention, notamment à Bunia.
Au total, environ 270 000 personnes ont été touchées par des spots radio portant notamment sur la maladie à virus Ebola, la protection des structures sanitaires et du personnel médical, l’accès et l’assistance humanitaire ainsi que les comportements sûrs à adopter.
Plus de 20 000 personnes déplacées et retournées assistées
Le volet sécurité économique a également constitué un axe important de l'intervention. 20 430 personnes appartenant à 3 405 ménages de communautés déplacées et retournées ont reçu une assistance en espèces à usage multiple.
En outre, 2 820 personnes issues de 470 ménages ont bénéficié d’un appui en pisciculture, en semences agricoles et en outils aratoires destinés à la relance de la production. Des coopératives ont également reçu un soutien pour la multiplication des semences certifiées.
La protection des familles au cœur des interventions
Dans le domaine de la protection des liens familiaux, le CICR rapporte avoir facilité 2 768 appels téléphoniques gratuits, permettant à des membres de familles séparés de rétablir le contact. L’organisation a également enregistré 751 enfants séparés de leurs proches et adultes vulnérables et ouvert 1 415 demandes de recherches concernant des personnes ayant perdu le contact avec leurs familles.
198 réunifications familiales ont par ailleurs été organisées en faveur d’enfants séparés de leurs proches, avec une assistance destinée aux enfants et à leurs familles.
Le CICR poursuit le dialogue avec les porteurs d’armes
Au-delà de l’assistance directe aux populations, le CICR indique avoir poursuivi son dialogue avec les parties aux conflits autour du respect du droit international humanitaire et des principes humanitaires. 1 127 porteurs d’armes ont ainsi participé à des formations consacrées au droit international humanitaire et aux principes humanitaires.
L’organisation a également effectué 54 visites dans des lieux de détention, permettant d’assurer le suivi individuel de 3 502 personnes privées de liberté. Parmi elles, 2 976 personnes ont bénéficié du programme nutritionnel et 23 982 ont reçu du savon et d’autres articles destinés à améliorer les conditions d’hygiène dans les lieux de détention soutenus.
Plus de 10 000 volontaires mobilisés
La coopération avec la Croix-Rouge de la RDC a également permis de renforcer les capacités d’intervention dans plusieurs provinces. Au total, 10 689 volontaires de la Croix-Rouge ont été mobilisés dans le cadre de 652 interventions, permettant notamment la prise en charge de 2 859 personnes blessées, dont 149 avec un soutien direct du CICR, ainsi que la réalisation d’opérations de gestion des dépouilles mortelles.
Ces chiffres illustrent l’ampleur des besoins humanitaires persistants dans l’Est de la RDC, où les crises sécuritaire, humanitaire et sanitaire continuent de se superposer. Le CICR affirme ainsi poursuivre sa mission de protection et d’assistance aux personnes touchées par les conflits et autres situations de violence, tout en œuvrant au respect du droit international humanitaire.
Joël Heri Budjo