La mémoire des victimes des massacres attribués aux rebelles des ADF à Komanda, dans le territoire d’Irumu, continue de mobiliser les initiatives locales. La Fondation Saidi Shishombo pour le développement en RDC (FOSSHID) a remis, dimanche 13 septembre, 50 tôles à la paroisse Bienheureuse Anuarite, destinées à soutenir la construction d’un mausolée dédié aux chrétiens catholiques tués lors des violences de juillet 2025.
Cette contribution intervient alors que plus d’un an après le massacre, la plaie demeure ouverte au sein des familles endeuillées. Le futur mausolée doit ainsi servir non seulement de lieu de recueillement, mais aussi de repère pour conserver la mémoire des personnes tuées dans cette attaque meurtrière.
« Cette aide vise notamment à soutenir la construction du mausolée des chrétiens catholiques victimes du massacre », a expliqué Francine Katirogo, cheffe de la délégation de la FOSSHID, lors de la remise de ce matériel.
Pour la paroisse, l’initiative revêt une portée qui dépasse la simple fourniture de matériaux de construction. L’abbé Aimé Dhego, curé de la paroisse Bienheureuse Anuarite de Komanda, a salué le geste, estimant qu’il constitue un soutien aux efforts visant à honorer la mémoire des disparus.
Mais au-delà du devoir de mémoire, le responsable religieux a placé la question sécuritaire au cœur de son message. Il a appelé la population à privilégier la paix, l’unité et la cohésion, afin de réduire les divisions susceptibles de profiter aux groupes armés.
L’abbé Dhego a également appelé les autorités chargées de la sécurité à renforcer leur présence et leurs dispositifs de protection des civils dans la région de Komanda, où les populations restent exposées aux conséquences de l’activisme des groupes armés.
Une mémoire qui refuse de disparaître
En juillet 2025, plus de 40 civils, dont des fidèles catholiques, avaient été massacrés à Komanda et dans ses environs, dans des attaques attribuées aux ADF. Ces violences avaient plongé plusieurs familles dans le deuil et ravivé les inquiétudes sur la sécurité des populations civiles dans cette partie de l’Ituri.
Un an après, le bilan humain continue de peser sur la communauté. Le projet de mausolée apparaît dès lors comme un acte de mémoire face à l’oubli, mais également comme un rappel des conséquences humaines persistantes des violences armées.
La remise de ces 50 tôles constitue une première contribution concrète à la matérialisation de cet espace dédié aux victimes. Derrière chaque tôle destinée au chantier, c’est donc une volonté de transformer un lieu marqué par la mort en un espace de mémoire, de recueillement et de sensibilisation à la paix.
Joël Heri Budjo