Le 20 janvier 2026, la Haute Cour Militaire rendra un arrêt avant dire droit décisif dans le dossier du Lieutenant-Général Yav Irung, ancien commandant de la Troisième Zone de Défense. Si la décision ne portera pas encore sur le fond, elle pourrait conditionner la suite ou l’arrêt de ce procès à forte charge politique et sécuritaire.
Lors de l’audience du 6 janvier, la défense a adopté une stratégie clairement offensive, en attaquant la procédure sur tous les fronts. Elle a notamment attaqué la compétence de la juridiction, l’absence d’autorisation préalable du Chef de l’Etat, le caractère arbitraire de l’arrestation, les atteintes alléguées aux droits fondamentaux et le dépassement du délai légal de détention préventive.
Au cœur de ces exceptions, une question centrale, celle de la légalité des poursuites engagées contre un officier général, dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible en RDC.
Face à ces attaques, le ministère public s’est attaché à sécuriser le socle procédural du dossier. Il a réaffirmé la compétence personnelle de la Haute Cour militaire, rappelé l’information du Chef d’état-major général dès 2022 et justifié les lenteurs du procès par des contraintes liées à la composition du siège judiciaire.
Pour l’accusation, aucune détention irrégulière n’est constituée, et les demandes de mise en liberté doivent être rejetées.
Un dossier à haute sensibilité sécuritaire
En arrière-plan de ces débats techniques, les accusations demeurent lourdes. Il s’agit du présumé acheminement d’armes vers des groupes armés actifs dans l’est du pays, les soupçons de collusion avec des forces hostiles et la participation présumée à des projets de déstabilisation territoriale, notamment via Minembwe et la frontière de Ruzizi 2.
Une décision qui fixera le cadre du procès
L’arrêt attendu le 20 janvier ne dira pas encore si le Lieutenant-Général Yav Irung est coupable ou innocent. Mais il déterminera si le procès peut se poursuivre et dans quelles conditions, ou si certaines irrégularités procédurales suffisent à en fragiliser l’architecture.
La Rédaction