La contestation s'organise au sein des Wazalendo. Dans une lettre adressée au président Félix Tshisekedi, plusieurs mouvements de résistance du Nord-Kivu et du Sud-Kivu rejettent catégoriquement la mise en place de la Coalition nationale des VDP-Wazalendo et contestent frontalement la légitimité de son coordonnateur, Dady Saleh Iddi. Les signataires demandent au chef de l'État de suspendre cette initiative et de les recevoir afin d'éviter une crise au sein de la résistance.
Le document, signé par plusieurs responsables des groupes Wazalendo après la déclaration lue ce même mercredi 29 juillet, affirme que les combattants ont appris « avec étonnement » l'existence d'une correspondance du Vice-Premier ministre de la Défense demandant l'encadrement officiel d'une nouvelle coalition des VDP-Wazalendo, sans qu'aucune consultation préalable n'ait été organisée avec les mouvements présents sur les lignes de front.
« Nous ne reconnaissons pas Dady Saleh », déclarent-ils.
Le point le plus marquant de cette correspondance concerne Dady Saleh Iddi, dont les auteurs rejettent ouvertement toute prétention à représenter les Wazalendo.
« Nous ne reconnaissons nullement Monsieur Dady Saleh Iddi comme membre de la résistance Wazalendo, encore moins comme son représentant », ajoutent-ils.
Les signataires soutiennent que celui qui dirige la nouvelle coalition « n'a jamais pris part aux opérations de résistance » et qu'il ne dispose d'aucun mandat des mouvements engagés sur le terrain. Ils estiment que son positionnement risque de créer une confusion préjudiciable dans l'organisation de la résistance.
Une coalition jugée sans légitimité
Au-delà de la personne de Dady Saleh, les mouvements contestent l'ensemble du processus ayant conduit à la création de la Coalition nationale des VDP-Wazalendo.
« Cette coalition est dénuée de toute légitimité auprès des véritables mouvements de résistance », poursuivent-ils.
Les auteurs rappellent que les Wazalendo combattent depuis plusieurs années aux côtés des FARDC contre les groupes armés dans l'est du pays et considèrent qu'aucune structure nationale ne peut être mise en place sans leur implication.
Ils affirment également que plusieurs membres de la coalition contestée ne sont pas issus de la résistance et dénoncent une tentative de récupération de leur combat.
Un appel direct à Félix Tshisekedi
Dans leur lettre, les responsables Wazalendo demandent au président de la République d'intervenir personnellement afin d'empêcher l'application des décisions prises autour de cette coalition.
« Nous sollicitons votre haute autorité afin de suspendre cette initiative et de nous accorder une audience pour vous présenter la réalité de la résistance Wazalendo », plaident-ils.
Ils estiment qu'une telle démarche permettrait d'éviter des tensions inutiles entre les différents groupes engagés dans la défense du territoire national.
Le souvenir de la rencontre de 2024
Les signataires rappellent enfin qu'en avril 2024, une délégation de cinquante-deux (52) mouvements Wazalendo avait déjà été reçue par le président Félix Tshisekedi, qui avait alors reconnu leur rôle dans la défense du pays.
Ils demandent que les mécanismes de coordination issus de cette rencontre demeurent la référence et que toute réforme concernant les Wazalendo soit conduite avec les véritables responsables des mouvements présents sur le terrain.
Cette sortie publique révèle des fractures internes au sein des Wazalendo, au moment où les autorités Congolaises cherchent à structurer ces groupes d'autodéfense dans un contexte marqué par la poursuite des opérations militaires contre les groupes armés dans l'est de la République Démocratique du Congo.
Diddy Mastaki