Le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Xavier Bettel, s’est exprimé sur la position de son pays concernant la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et les mesures prises par l’Union Européenne face aux exactions du M23, groupe rebelle soutenu par le Rwanda.
Selon le chef de la diplomatie Luxembourgeoise, la réaction Européenne se veut graduelle, pragmatique et réversible, tenant compte du respect du droit international et des intérêts à long terme de l’UE dans la région.
L’Union Européenne a déjà pris des premières mesures, notamment la suspension du dialogue de haut niveau avec le Rwanda en matière de sécurité et de défense. Par ailleurs, lors du Conseil des affaires étrangères du 24 février 2025, les États membres ont avalisé la préparation de sanctions ciblées contre les responsables de l’instabilité dans l’Est de la RDC.
Toutefois, ces sanctions ne seront adoptées qu’en l’absence de progrès concrets dans le cadre des médiations en cours. Une réunion ministérielle SADC-EAC prévue le 28 février à Harare sera déterminante pour évaluer l’évolution de la situation sur le terrain et guider les décisions Européennes.
Malgré les tensions, les projets de coopération Luxembourgeoise avec le Rwanda se poursuivent au niveau technique, visant principalement les populations vulnérables dans les domaines de l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi, la résilience climatique et la finance durable.
Concernant la RDC, le Luxembourg prévoit une aide humanitaire de 1,2 million d’euros en 2025, spécifiquement destinée aux civils touchés par le conflit.
La position du Luxembourg illustre l’approche prudente adoptée par plusieurs pays européens : exercer une pression croissante sur Kigali et le M23, tout en laissant la porte ouverte aux négociations. L’UE semble ainsi privilégier une solution diplomatique, tout en se préparant à durcir sa position si aucune avancée n’est enregistrée.
L’évolution de la situation à l’issue de la réunion de Harare sera donc scrutée de près, tant par les acteurs internationaux que par les populations de la partie Est Congolaise, en quête de stabilité et de paix.
Diddy MASTAKI