Thierry Mariani, député Européen, a vivement critiqué l'accord entre l'Union Européenne et le Rwanda sur les minerais critiques, soulignant des manquements graves en matière de traçabilité et appelant à l'annulation de cet accord. Selon lui, les principes de l'Union Européenne, qui prétend défendre des valeurs universelles, doivent s'appliquer de manière équitable à tous, et non uniquement à certaines nations.
Dans une déclaration récente, Mariani a insisté sur le fait que « si l'on a des valeurs pour les Ukrainiens, on doit également les avoir pour les Congolais », soulignant que les droits de l'homme doivent être respectés quelle que soit l'origine géographique des personnes concernées.
Il a exprimé sa satisfaction que le Parlement Européen ait décidé de prendre des mesures contre les sanctions, tout en précisant qu'il reste encore à les faire appliquer par le Conseil Européen, ce qui, selon lui, pourrait être effectif dès le 17 mars, maintenant que le Luxembourg, qui avait bloqué la décision, ne s'y opposera plus.
Mariani a ensuite exprimé des réserves concernant l'accord signé entre l'Union Européenne et le Rwanda sur les minerais. Au début, l'accord avait été présenté comme une opportunité « gagnant-gagnant » pour l'Europe, qui avait besoin de ces minerais, et pour le Rwanda, qui en tirerait des bénéfices financiers.
Cependant, après plusieurs mois d'attente, Mariani a révélé que l'accord, qui devait garantir la traçabilité des minerais, ne répondait pas aux normes attendues.
« La traçabilité dans cet accord est purement déclaratoire. Si je vole votre téléphone, je peux dire qu'il m'appartient, et vous pouvez me l'acheter, sans qu'il y ait aucune preuve que ce téléphone soit légalement acquis », a-t-il déclaré.
Il a également dénoncé l'absence de véritables contrôles sur la provenance des minerais, soulignant que la traçabilité était « basée sur des déclarations du vendeur », et non sur des vérifications concrètes. Selon Mariani, cela permet au Rwanda de vendre des minerais sans prouver leur origine légitime.
« Si des minerais proviennent du Rwanda, il doit prouver qu'ils y sont réellement extraits », a-t-il ajouté.
Enfin, Thierry Mariani a insisté sur la nécessité d'aller au-delà de la simple annulation de l'accord. Il a soutenu que l’Union Européenne devait s'engager à mettre fin aux pratiques de pillage des ressources naturelles en Afrique et à travailler sur des solutions pour une traçabilité réelle des minerais. Pour lui, l'accord avec le Rwanda représente un obstacle à cette démarche, car il ne garantit en rien une gestion transparente et responsable des ressources minérales.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes sur la gestion des ressources naturelles en Afrique, notamment en ce qui concerne les minerais essentiels pour la transition énergétique mondiale. Mariani a ainsi réitéré son appel à une réforme de la politique Européenne vis-à-vis des accords commerciaux, soulignant qu'il était crucial que l’Europe veille à l’éthique et à la transparence dans ses relations internationales.
Diddy MASTAKI