Le ministre Congolais de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a fermement nié toute persécution des Tutsis en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une intervention sur ACTV lundi 10 mars. Il a réagi aux allégations souvent formulées par Kigali, affirmant que la RDC est un pays où toutes les communautés, y compris les Tutsis, sont protégées.
Une réponse aux accusations du Rwanda
Dans un message posté sur X (anciennement Twitter), Patrick Muyaya a déclaré : « Il n’y a aucune persécution des Tutsis en RDC. J’ai clarifié ce point lors de ma dernière conversation avec Rama Yade de Atlantic Council ».
Il a rappelé que la RDC est un vaste pays comptant 450 tribus, dont font partie les Tutsis. Selon lui, l’État Congolais veille à la protection de toutes les communautés, y compris les minorités.
Une attaque contre Paul Kagame
Ce ministre Congolais a également critiqué le Président Rwandais Paul Kagame, l’accusant de manipuler la question identitaire pour justifier ses actions en RDC.
« Le président Kagame ne peut pas prétendre protéger une communauté en massacrant d’autres. Son armée a tué des centaines de Hutus à Kishishe », a-t-il dit.
Cette référence fait écho au massacre de Kishishe, commis en 2022, où les M23, soutenus par le Rwanda, ont été accusés d’avoir tué des centaines de civils, notamment des Hutus Congolais.
Les Banyamulenge bien représentés en RDC
Patrick Muyaya a également souligné que le Président Félix Tshisekedi a reconnu publiquement la congolité des Banyamulenge, un groupe Tustsi Congolais souvent au cœur des tensions régionales.
« Avec un ministre d’État, des parlementaires, des généraux, des administrateurs, les Banyamulenge sont bien représentés dans les institutions de la RDC », a-t-il ajouté.
Cette déclaration vise à réfuter l’argument selon lequel, la RDC discrimine ou persécute cette communauté.
Cette prise de parole intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, un groupe rebelle actif dans l’Est du pays, tandis que Kigali continue d’évoquer la menace des FDLR, un groupe armé Hutu présent en RDC.
Avec cette déclaration, Patrick Muyaya tente de rétablir la position officielle de la RDC sur cette question sensible, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la question ethnique par le régime Rwandais.
Diddy MASTAKI